Dont le siège social est à : Mairie d’Annoisin-chatelans 38460 Cette association a pour objet : La promotion de la peinture et le soutien aux malades hospitalisés et à leur famille. Ses activités seront les suivantes :
organisation d'ateliers peinture pour les enfants, à l'hôpital ou en activité extra scolaires, afin de leur faire partager le plaisir de peindre et de leur transmettre des messages citoyens importants sur le respect, la solidarité etc.
création artistique pouvant donner lieu à la vente d'œuvres
remises de dons à l'hôpital pour améliorer le quotidien des patients, et soutenir les malades et leurs familles dans leur combat pour la vie.
soutien à d'autres associations pour des causes humanitaires.
« Et si la peinture, n’était pas que de l’Art… »
Et comme dirait Marcel DUCHAMP :
« Peut on faire des œuvres qui ne soient pas de l’Art… »
Un siège National : La Conscience dispose depuis 2002 d’un siège qu’elle a construit. Ce siège est basé à Tsévié sur la route nationale N°1 à 40 Km de Lomé(30 mn par voiture). C’est ce bureau qui coordonne toutes les activités de l’organisation.
Le centre de prévention du trafic des enfants et de réhabilitation des enfants victimes du trafic : Il est situé à Ahépé Kpowla dans la Préfecture de Yoto sur la nationale N°4 à 30 Km de Tsévié et 70 Km de Lomé. C’est une structure permanente de prévention du trafic des enfants et, d’accueille, d’orientation, de réinsertion et d’assistance aux enfants victimes de la pratique. Il dispose d’un internat de 120 places équipées de lits et de matelas pour les filles et d’un internat de 30 places équipées de lits et de matelas pour les garçons.
Le centre d’information et de documentation sur le SIDA, d’écoute et d’assistance aux personnes infectées et affectées par la maladie : Situé également à Ahépéà 100 mètres du centre du trafic des enfants, cette structure permanente procure aux personnes des informations sur les IST VIH SIDA mais aussi assiste moralement, psychologiquement, financièrement et matériellement les personnes infectées et affectées par la maladie.
Centre de formation artisanale et professionnelle des jeunes «KPEDEHUN» : Il est situé dans les périmètres des autres structures à Ahépé et donne une formation professionnelle pratique aux jeunes. Il dispose à ce jour de six ateliers avec plus de 150 apprentis venus de 9 Préfectures différentes. Il a pour objectif de répondre aux besoins immédiats des jeunes en leur donnant une qualification professionnellepouvant leur permettre de rentrer dans la vie active.
Centre de Promotion des droits de la personne et de la culture démocratique : Situé à Tabligbo sur la nationale N°4 à 80 Km de Lomé, et à 12 Km d’Ahépé, ce centre, qui a pour objectif de former les citoyens sur les vertus civiques, apporte aussi une assistance juridique aux victimes qui ne disposent d’aucun moyen de défense. Ce centre forme des jeunes paires éducateurs sur la démocratie et les droits de la personne. Il se spécialise dans le renforcement de la formation civique et à la citoyenneté
Autres activités de La Conscience
Appui à la scolarisation de base des enfants : Dans le cadre du programme de prévention du trafic des enfants, La Conscience offre, chaque année, des fournitures scolaires à plus de 800 enfants orphelins et démunis. Cette assistance porte sur les cahiers, les sacs, les livres, l’uniforme scolaire, l’écolage, l’établissement des actes de naissances…
Activités génératrices de revenues : Cette activité permet d’assister des groupements de femmes et de jeunes dans leurs projets d’élevages, de commerce, d’agriculture et de l’artisanat. Ce sont généralement de petits prêts (US$ 25 à 50 par femme) sans intérêts.
Le journal La Conscience : Crée depuis 1996, ce journal entièrement écrit par les jeunes leur permet de s’exprimer librement sur, non seulement ce qui les concerne directement mais également, tout ce qui touche à la Paix,à la consolidation de l’Etat de droit et au développement du pays. Tiré à 25 000 exemplaires au départ, ce journal est toujours vendu au déficit pour permettre aux jeunes, qui déjà se mettent à deux ou à quatre pour acheter un exemplaire, de pouvoir se le procurer. Il est suspendu depuis 2005 pour manque de financement. Sareprise future est imminente. Ce journal a reçu en l’an 2000, une mention spéciale du jury du Prix Presse et Démocratie en Afrique de la Tribune de Genève en Suisse.
Publication de manuel de formation civique : La Conscience a publié grâce au soutien financier de l’Ambassade des USA au Togo, un manuel de formation civique. Elle a publié également un document sur les droits des enfants avec le soutien financier du FCIL – Togo.
Construction de bâtiments et de centre de santé : La Conscience intervient dans la construction des bâtiments scolaires et des centres de santé pour les communautés qui en sont dans les besoins les plus urgents. Cette activité permet de soulager plusieurs communautéssurtout des zones rurales.
Formation des Volontaires Nationaux : L’une des approches novatrices de La Conscience consiste à faire des bénéficiaires, des acteurs clés dans l’identification de l’urgence, la recherche des stratégies, la conception du programme ou projet et sa réalisation. Cette approche place les bénéficiaires en premier rang depuis l’indentification du problème jusqu’à sa résolution.
Aussi, La Conscience se donne-t-elle le devoir d’identifier et de former dans les communautés où elle intervient, des Jeunes capable de participer activement, bénévolement et consciencieusement au développement de leurs communautés. Accepter de consacrer3 heures par semaine aux travaux communautaires sans rien attendre en contre partie. Ces volontaires sont appelés les Volontaires de l’Humanité.
Les cours d’alphabétisation : Ils visent à permettre à tout enfant ou jeune soutenu par le centre de savoir lire, écrire et faire des calculs. Il est organisé deux fois par semaine pour les jeunes en formation et qui n’ont jamais été à l’école
Le respect des principes fondamentaux des droits de la personne humaine est l’un des principes – clé de tout développement et toute paix. Promouvoir ces principes, ce n’est pas seulement amener les victimes à rentrer dans leurs droits mais, plus encore, c’est faire en sorte qu’il n’y en ait plus.
D’informer et d’éduquer la population en générale et les jeunes en particulier sur les textes nationaux et internationaux relatifs aux droits de la personne humaine, tout en les amenant progressivement à prendre conscience de la responsabilité qui leur incombe dans cette lutte
De faire respecter les droits de l’homme à tous les niveaux, à tout moment et à tout endroit (maison, école, rue, lieu de travail, dans les relations etc.),
De créer une chaîne de solidarité pour que chacun quel qu’il soit, puisse bénéficier de ses droits,
De former des volontaires pour cette cause,
D’écouter, d’assister et de soutenir toutes les personnes victimes d’un quelconque abus
D’éveiller et de former la conscience civique des citoyens sur les principes démocratiques
D’initier une culture démocratique axée sur la tolérance, la paix, le pardon et la réconciliation
D’initier des actions concrètes permettant l’assimilation des notions démocratiques d’une manière générale.
D’encourager les populations à continuer la marche vers la démocratisation malgré les multiples entraves
De mettre en place des structures permanentes favorisant une formation civique continue
De créer des conditions permettant l’enseignement des principes démocratiques et des Droits Humains dans les établissements scolaires publics et privés
Dans la plupart des sociétés, la femme est considérée comme un objet avec lequel on peut faire ce qu’on veut, quand on veut et comme on veut. Elle n’est donc pas sujet de droit. Son rôle se limite dans plusieurs foyers à faire des enfants et à s’occuper de son mari. Elle est souvent sujet de violence et de discrimination. Son éducation est bafouée parce qu’elle est considérée comme un gaspillage d’argent. Parfois certaines pratiques traditionnelles ont des effets assez néfastes sur les jeunes filles. Le programme actuel a pour objectif :
·De lutter pour la réduction de l’inégalité entre les hommes et les femmes,
·De mener une lutte collective contre toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme et de la jeune fille,
·De mener une lutte contre toutes les violences faites aux femmes spécialement les violences domestiques,
·De favoriser, d’encourager et d’entreprendre toute action permettant la promotion et l’éducation de la jeune fille,
·De combattre toutes les pratiques qui compromettent le maintien normal des jeunes filles à l’école (harcèlement sexuel des enseignants…),
·D’amener les jeunes filles à cerner l’importance et la nécessité de leur éducation pour elle-même,
·D’amener les jeunes filles à prendre le commandement de toute action visant leur promotion et leur émancipation.
Comme les femmes, les enfants sont considérés dans la quasi totalité des sociétés togolaises comme des propriétés personnelles des parents et surtout des pères. Ils n’ont pas droit à la parole et tout doit être décidé pour eux, même si cela ne va pas dans leurs intérêts. La majeur partie n’ont pas droit à l’éducation et font l’objet de trafic en direction d’autres pays.
Pourtant, le Togo, qui est le 19ème Etat signataire de la convention relative aux droits des enfants, dispose de plusieurs autres textes nationaux qui mettent un accent particulier sur la protection et la survie des enfants. Mais en dépit de toutes ces dispositions, la situation des enfants togolais n’est pas à un niveau acceptable. Certes, beaucoup d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) et Associations ont fait des droits des enfants leurs premiers objectifs. Mais beaucoup restent encore à faire pour que les enfants jouissent positivement et pleinement de leurs droits. Ce programme, qui est également l’un des premiers développés par La Conscience, a pour but de redéfinir l’enfant en tant qu’être humain devant jouir de tous les droits et nécessitant une protection particulière et non comme un groupe de sujet d’apitoiement. Ce programme a pour objectif :
·De faire une large diffusion de toutes les dispositions nationales et internationales relatives à la protection et à la suivie des enfants,
·D’entreprendre des actions et de créer des conditions permettant le respect des droits des enfants,
·De permettre aux enfants de pouvoir s’exprimer librement sur tout ce qui influe sur leur condition d’évolution, de penser et de donner leurs opinions sur l’évolution de la société et leur vision du monde futur,
·De combattre toutes formes d’exploitation des enfants,
·D’impliquer les enfants eux-mêmes dans les activités de promotion de leur droits.
L’évolution spectaculaire du SIDA dans la population active (les jeunes) est un drame qui décime la plupart des sociétés africaines. Le Togo n’en fait pas exception. En effet, classé comme l’un des pays où le taux de contamination est plus élevé en Afrique de l’Ouest, le SIDA est la première cause de mortalité au sein de la jeunesse. En dépit de toutes les actions entreprises à l’endroit de la jeunesse, le changement de comportement est loin d’être opéré. Pour La Conscience, il faudrait plutôt poser des actions avec les jeunes, par les jeunes et pour les jeunes. Faire d’eux des acteurs dans la lutte contre le SIDA, autrement dit, les responsabiliser dans cette lutte. Ce programme a pour objectif :
·D’intensifier la sensibilisation contre le SIDA au sein des jeunes de 10 à 25 ans
·D’assister les personnes infectées et affectées par la maladie
D’une capacité de 120 places chez les filles et de 30 places chez les garçons toutes équipées de lits et de matelas, ce centre est une structure quotidienne de gestion des enfants déjà victimes du trafic et ceux en voie de l’être mais qui ont été interceptés aux postes de frontière grâce aux efforts des populations et des gens des frontières.
Le Centre a pour mission de recueillir les enfants déjà victimes du trafic ou interceptés en cours de chemin, de les interroger pour mieux comprendre les réelles raisons de leur aventure et de leur apporter dans la mesure du possible une assistance pour leur réinsertioneffective.
Dans un premier instant, après être mieux informé sur les réelles motivations du voyage auprès de l’enfant, une mission est dépêchée dans la localité d’origine et mesure les réels dangers pour un retour de l’enfant.
Cette mission permet d’avoir une large information sur les réelles conditions sociales de l’enfant (enfant orphelin de père et de mère, enfant issu d’une famille nombreuse et très pauvre, enfant de parents infectés par le VIH …) Les raisons varient d’une raison à une autre. Mais dans tous les cas, la mission cherche à identifier un proche parent ou une tierce personne qui pourrait héberger l’enfant.
Le rapport de cette mission permet de prendre l’une de ces cinq décisions :
§ Le retour de l’enfant dans sa famille
§ Le retour de l’enfant dans sa communauté dans laquelle on lui trouve un tuteur ou une tutrice.
§ Le placement de l’enfant dans une autre famille d’accueil
§ Le placement de l’enfant dans une famille proche du centre
§ Le maintien provisoire de l’enfant au centre.
En principe, aucun enfant ne devrait passer plus de trois semaines dans le centre. Mais, il arrive parfois que certains y restent au-delà, compte tenu de leur situation extrêmement délicate. C’est souvent le cas d’enfant déjà victimes de trafic externe depuis des années et qui ne se rappellent plus rien de leur origine.
Il arrive aussi que certains des enfants recueillis et déjà victimes du trafic soient porteurs de grossesses dont elles ignorent l’auteur. D’autres enfants aussi sont porteurs de VIH. Ce sont vraiment des cas à gérer au quotidien. Tous ces enfants sont nourris, vêtus et soignés par le centre. Ceux qui retournent dans leur communauté ou sont dans des familles d’accueil bénéficient également du support du centre.
A ce jour, la plus ancienne du centre est là depuis 18 mois. C’est une jeune fille de 16 ans qui a été trafiquée depuis l’âge de 5 ans. Ramenée au Togo après 9 ans, elle ne se rappelle plus de rien. C’est vraiment une histoire atypique.
Les enfants qui passent par le centre sont suivis tous sans exception. Certains de ceux qui retournent dans leur communauté où sont dans les familles d’accueil sont envoyés à l’école lorsque leur âge le leur permet encore ou tout simplement, ils sont envoyés en apprentissage.
Dans les deux cas, La Conscience assure leur prise en charge. Cette prise en charge comporte les activités suivantes :
Ø La nutrition
Ø Les soins de santé
Ø L’habillement
Ø L’établissement d’un jugement supplétif
Ø L’assistance sur le plan scolaire (écolage, uniformes, cahiers, livres, bics …)
Ø L’assistance sur le plan formation (contrat, machine, uniforme)
Chaque année, c’est donc entre 1000 et 1200 enfants que gère l’organisation.
2- Appui à la scolarisation de base (Ecole arme efficace contre le trafic des enfants)
Beaucoup d’enfants interceptés aux frontières ou déjà victimes du trafic dont l’âge le permet encore sont envoyés à l’école. La grande partie (plus de 800) vivent dans leur communauté et dans les familles d’accueil. Ainsi, à chaque rentrée scolaire, La Conscience leur paie les frais de scolarité et leur achète tout le matériel scolaire (livres, cahiers, uniforme …) afin de leur permettre de poursuivre leurs études.
Les résultats de cette activité sont encourageants à double titre :
- 0 % quitte encore son milieu de résidence (sur les 863 enfants soutenus dans le cadre de cette initiative l’année passée, aucun n’a plus quitté là où il est pour une quelconque aventure)
- 97 % ont terminé l’année scolaire avec succès c’est-à-dire passent en classe supérieure.
3- Appui aux groupements des femmes
Cette activité, loin d’être une action isolée et à part, est très liée à la farouche lutte contre le trafic des enfants.
En effet, dans l’impossibilité de garder tous les enfants aux centres, La Conscience confie certains à d’autres familles dans leur communauté ou dans d’autres milieux. Certaines femmes ont la garde de 4 à 6 enfants selon leur chambre. Mais, compte tenu de la situation d’extrême précarité dans laquelle vivent ces familles et, dans l’impossibilité de donner à manger à tous ces enfants chaque jour, ces femmes «mères adoptives» ont souhaité de se mettre en de petits groupes pour organiser des activités telles que (le commerce, la production de l’huile de palme, l’élevage…)
Le nombre de femmes varie d’un groupe à un autre. Aussi, il y a des groupes de 4, de 6 et de 8. Les membres de chaque groupe peuvent décider de mener une activité commune ou de se partager l’argent emprunté. Dans tous les cas, elles sont toutes responsable du remboursement.
Ce sont des prêts sans intérêt qui varient entre US$ 100 et US$ 200 selon le nombre de personne dans le groupe et l’activité à réaliser. Ces prêts sont remboursables sur une période de 10 mois. Le groupe qui rembourse son prêt au bout de dix mois peut espérer un autre prêt après un mois de pause. Si le groupe arrive à réaliser un bénéfice de 10 % alors, il peut se voir augmenter le montant de son prêt. L’objectif de cette activité de prêt sans intérêt est d’amener les femmes à se constituer un capital et à permettre que leur capital de départ soit alloué à un autre groupe.
Depuis trois années, 400 femmes reparties de 66 groupes de 4 et 17 groupes de 8 ont bénéficié de ce programme. Ainsi, sur les US$ 10 000 octroyé à ce programme, la caisse a enregistré un remboursement total de US$ 9720. Il reste encore US$ 280 comme dette auprès de certains groupes. Certains groupes doivent US$ 20, d’autres US$ 40…
Dans l’ensemble, les résultats sont satisfaisants. Même si La Conscience intervient quelques fois pour apporter des soins de santé, des habits ou encore de la nourriture, ces femmes réalisent un travail important qui mérite d’être soutenu pour soulager les activités du centre de formation. En bref, ce programme permet à La Conscience de continuer par supporter des enfants sans réellement dépenser jusque les prêts reviennent et repartent.
4- Le centre de formation artisanale et professionnelle
Il comporte 6 ateliers de formation pratique à savoir :
· Couture
· Coiffure
· Tissage
· Batik
· Soudure à l’arc
· Menuiserie
Ces ateliers sont crées pour répondre aux besoins immédiats des enfants victimes et dont l’âge ne permet plus d’aller à l’école. Il permet à tout enfant de commencer une formation en attendant que son cas soit illucidé. Ce centre répond surtout aux besoins en formation des enfants victimes du trafic ou interceptés aux frontières et placés dans des familles d’accueils dans les périmètres du centre de prévention du trafic. La durée de la formation varie de 2 à 3 ans selon le métier.
A la fin de la formation, les jeunes retournent dans leur communauté ou des machinesleur sont offertes pour leur permettre de s’installer et d’aider d’autres jeunes de leur communauté désireux de faire une formation mais ne disposant pas de moyen. A cour terme, il convient de renforcer la capacité du Centre déjà existant et de créer un autre Centre de formation dans la partie Nord du Pays pour mieux cerner la formation dans cette partie du Pays.
5- Prévention du VIH / SIDA : Assistance aux personnes infestées et affectées par la maladie
5.1- Ce programme comporte deux volets principaux :
Le volet information, communication, et sensibilisation permet de mener des campagnes de sensibilisation et d’information dans les zones rurales. Cette activité consiste à démystifier la maladie, à briser les tabous et l’isolement.
Au cours de cette activité, l’équipe se déplace avec un poste téléviseur, un magnétoscope et un groupe électrogène. Elle organise des projections de film sur la maladie et ces projections sont suivies de discussions, de débats et d’échanges. Les populations cibles sont appelées à plus de prudence et à proscrire certaines pratiques traditionnelles qui affectent le taux d’infection. Ces populations sont informées sur la nécessité de connaître son statut sérologique par le dépistage volontaire.
Depuis le début de cette opération, des dizaines de personnes défilent chaque jour dans les locaux du centresur le SIDA, soit pour demander à faire le dépistage volontaire, soit pour solliciter de l’assistanceen anti retro-viraux.
En conclusion, on peut dire que le manque d’information nourrit le taux d’infection. C’est pour cette raison que l’unité d’information et de sensibilisation retrouve sa place.
5. 2- Assistance aux personnes infectées et affectées par la maladie
Cette étape du projet est très importante en terme de valorisation et d’impact. Dès que les gens voient que les personnes infectées bénéficient des soins appropriés, tout le monde accourt pour faire le dépistage.
Le centre de La Conscience sur le SIDA offre des médicaments contre les maladies opportunistes telles que la fièvre, la toux, la diarrhée, les maux de tête …
Aussi les personnes infectées ont un jour spécial ou elles se réunissent pour des échanges. Au cours de ces journées, elles partagent des repas offert par La Conscience.
Eduquer les citoyens pour qu’ils puissent mieux appréhender leur destin, les éduquer pour qu’ils soient à même de décider eux-mêmes de leur propre développement, de son orientation, de ses finalités et du style qu’ils souhaitent imprimer à ce développement.
Amener les enfants et les jeunes à refuser l’injustice pour eux-mêmes et pour les autres,
Promouvoir une culture démocratique axée sur le respect des principes fondamentaux des devoirs et des droits de la personne au sein de la jeunesse et de la population,
Développer chez les enfants et les jeunes, la qualité de dirigeant, le désir d’accepter des responsabilités et de servir d’exemple,
Permettre aux enfants et aux jeunes de s’exprimer librement sur tout ce qui influe sur leur condition d’évolution, de penser et d’apporter leur contribution à la construction d’une société dont ils seront héritiers,
Œuvrer pour une large diffusion et l’application des traités nationaux et internationaux relatifs aux droits de la personne,
Lutter pour la réduction de l’inégalité entre les hommes et les femmes, la valorisation de la femme, l’éducation des jeunes filles et leur maintien à l’école,
Faire une large information sur le SIDA, responsabiliser toute la communauté dans la lutte contre la propagation rapide de cette maladie et la réduction du taux d’infection, porter une assistance aux personnes infectées et affectées par la maladie
Relier des individus et des groupes travaillant pour un monde plus solidaire et moins excluant afin de continuer une intelligence mise au service de chacun,
Initier des actions permettant l’épanouissement de la jeunesse tant sur le plan urbain que rural par l’organisation des activités éducatives, sportives et culturelles, la construction des bâtiments scolaires, des centres de santé et des centres culturels, l’écoute, l’encadrement et l’assistance des jeunes en déperdition scolaire ou en conflit avec la loi,
Œuvrer aux côtés des organisations et des personnalités poursuivant les buts similaires.
La Jeunesse est l’âge de la force et de la bonne décision. Elle est aussi la période de la dérive et de la perdition.
Les jeunes constituent la majeur partie de la population mondiale.
Personne mieux que les jeunes ne peut comprendre, partager et surtout défendre un idéal de Paix et de Progrès.
A ces jeunes qui cherchent dans les instances extérieures la réponse à leurs problèmes, à leurs inquiétudes et à leurs incertitudes, il faudrait les amener à accepter et à comprendre que c’est d’abord en soi que chacun doit chercher le rayon de lumière et la motivation nécessaire aux solutions qu’il cherche.
A La Conscience, nous concentrons nos activités sur :
- Information, sensibilisation et formation
- Intervention directe
- Production de manuel de formation
- Echanges d’information, d’expériences et de réflexion
Le réseau d'assistance aux orphelins et enfants
vulnérables « ONG VOIX DES SANS VOIX » est une institution d'assistance sociale
pour les orphelins et enfants vulnérables (OEV). Créé depuis le 2
Décembre 2004 cette structure est composée des frères et sœurs ayant
bénéficié d'une formation en mobilisation communautaire contre le VIH/SIDA.
FARETANI en MALINKE qui signifie « un enfant qui a perdu ses parents et qui n'a
aucun soutien » a pour buts :
- l'éveil des consciences sur la gravité du fléau VIH/SIDA au
sein de la communauté rurale,
- l'implication de la communauté rurale dans la prise en charge
des OEV en leur donnant les outils nécessaires à ladite,
- la lutte contre la stigmatisation et la négligence des OEV dans
la communauté
- de permettre une prise en charge psychologique et sociale des OEV,
- d'assurer la formation spirituelle et morale des OEV,
- de créer des structures de formation socio-professionnelle des
OEV en vue de la réalisation de ces buts.
Chaque année, Le réseau d'assistance « ONG VOIX DES SANS VOIX »
établit un programme d'actions qui comporte :
- des causeries- débats
- des conférences publiques
- des séminaires de formation
- des visites dans les familles et à l'école des OEV
- des rencontres avec les communautés
- la pratique du sports (athlétisme, football, karaté)
- des séances de groupe de soutien pour les orphelins et enfants
vulnérables au siège
Dans le cadre de ses activités de mobilisation communautaire sur la prise
en charge des orphelins et enfants vulnérables, Le réseau d'assistance «
ONG VOIX DES SANS VOIX » a entrepris d'agir dans la lutte contre le
VIH/SIDA. Il a décidé de ce fait de s'attaquer à l'une des causes de
propagation de la maladie qui est la STIGMATISATION. Pour ce faire il a pris pour
principale cible, les orphelins et enfants vulnérables, au sein de la
communauté rurale.
Cette communauté, compte tenu de son renfermement et de l'impact des
traditions sur la religion qui est restée un terrain de libre circulation pour
le VIH/SIDA. S'ajoute à cela l'ignorance, l'analphabétisme, le non
accès à la langue de transmission du message de lutte contre la maladie , et
les nombreux préjugés sur l'existence ou non du virus. Pendant ce temps,
ce dernier (le VIH/SIDA) gagne du terrain à travers certaines pratiques
culturelles comme le SORORAT , le LEVIRAT et la POLYGAMIE ; car les ruraux bien
que se mariant ne savent rien des antécédents médicaux de leur partenaires
.
Bien que l'assistance et le soutien à l'orphelin soient fortement
recommandés, nous constatons l'absence sur le terrain dans nos villages, dans
la prise en charge des orphelins et enfants vulnérables.
Fort de ce constat, Le réseau d'assistance « ONG VOIX DES SANS VOIX
» veut agir à travers une action de mobilisation communautaire dans le
cadre de LA PRISE EN CHARGE DES ORPHELINS ET ENFANTS VULNERABLES pour freiner,
voire même enrayer ce fléau
Des dons d'argent de vêtement ou nourriture leur fera du bien aidez nous à vaincre ses maladies et à donner des emplois aux enfants orphelins de guerre et enfants de la rue que DIEU vous bénisse.
Car nous recherchons des moyens pour leur venir en aide dans les hôpitaux et autres centres pour qu'il puissent guérir et leur donné des soins.
N.B: Très sérieux et vous pouvez venir nous voir pour faire vos dons.
Prix de vente unitaire : 3 euros
Prix de vente par lot de 5 : 12 euros
Frais de port inclus!
L'achat d'une seule carte nourrit un enfant de l'institution La Conscience au Togo
Merci pour votre geste de générosité.
Et joyeuses fêtes de fin d'année!
Pour tous renseignements :
Africa
Tel : 09.60.39.28.10 ou demandez à être rappelé
Fondée en 1994, « L’Institution La Conscience » est une organisation de jeunes, apolitique. C’est une Organisation Non Gouvernementale régie par la loi du 1er Juillet 1901
MANDAT
Combattre l’ignorance et la peur pour mieux laisser éclore la liberté, combattre les violations des droits de la personne humaine et les menaces contre la démocratie pour que les rêves d’indépendance deviennent réalités, enfin, combattre l’injustice pour ouvrir les chemins de la paix, de la fraternité, de la vérité, d’une société unie par un même espoir, une même volonté et une même conviction.
MISSION
Eduquer les citoyens pour qu’ils puissent mieux appréhender leur destin, les éduquer pour qu’ils soient à même de décider eux-mêmes de leur propre développement, de son orientation, de ses finalités et du style qu’ils souhaitent imprimer à ce développement.
BUT
Faire émerger un mouvement de jeunes forts, actifs, conscients, déterminés et impliqués dans tous les processus de transformation sociale.
OBJECTIF GLOBAL
Faire des jeunes des acteurs de la Paix, de l’Etat de Droit et de Développement.
OBJECTIFS SPECIFIQUES
Amener les enfants et les jeunes à refuser l’injustice pour eux-mêmes et pour les autres,
Promouvoir une culture démocratique axée sur le respect des principes fondamentaux des devoirs et des droits de la personne au sein de la jeunesse et de la population,
Développer chez les enfants et les jeunes, la qualité de dirigeant, le désir d’accepter des responsabilités et de servir d’exemple,
Permettre aux enfants et aux jeunes de s’exprimer librement sur tout ce qui influe sur leur condition d’évolution, de penser et d’apporter leur contribution à la construction d’une société dont ils seront héritiers,
Œuvrer pour une large diffusion et l’application des traités nationaux et internationaux relatifs aux droits de la personne,
Lutter pour la réduction de l’inégalité entre les hommes et les femmes, la valorisation de la femme, l’éducation des jeunes filles et leur maintien à l’école,
Faire une large information sur le SIDA, responsabiliser toute la communauté dans la lutte contre la propagation rapide de cette maladie et la réduction du taux d’infection, porter une assistance aux personnes infectées et affectées par la maladie
Relier des individus et des groupes travaillant pour un monde plus solidaire et moins excluant afin de continuer une intelligence mise au service de chacun,
Initier des actions permettant l’épanouissement de la jeunesse tant sur le plan urbain que rural par l’organisation des activités éducatives, sportives et culturelles, la construction des bâtiments scolaires, des centres de santé et des centres culturels, l’écoute, l’encadrement et l’assistance des jeunes en déperdition scolaire ou en conflit avec la loi,
Œuvrer aux côtés des organisations et des personnalités poursuivant les buts similaires.
Département d’Aide aux Victimes Internationales de la Drogue
Bulletin d'Adhésion
Année 2008 – 2009
NOM :Prénoms :
Nationalité :Pays d'origine :
Adresse :
Code Postal :Ville :Pays :
Profession :
Téléphone fixe :Téléphone mobile :
Fax :Mail :
ADHERER à l’Association D.A.V.I.D., c'est lui donner les moyens d'AGIR
Avec une adhésion minimum de 5 €uros (déductible des impôts), devenez membre à part entière de l’Association.
Agissons ensemble…..
Montant versé :
Date :Signature :
Veuillez libeller votre paiement au nom de l’Association D.A.V.I.D., Vous recevrez votre reçu et votre carte d'adhérent.
D.A.V.I.D. travaille en faveur de l’aide aux victimes et aux familles des victimes de la drogue mais aussi dans la recherche et l’éradication de filières de la drogue.
L’association est implantée dans deux régions de France : Rhône-Alpes et Languedoc- Roussillon mais aussi en Tunisie et au Togo.
D.A.V.I.D. est financée principalement par des particuliers et des collectivités territoriales.
Les strucures de D.A.V.I.D. sont ouvertes aux victimes, aux familles des victimes et à toutes les personnes de bonne volonté qui se sentent concernées par les problèmes liés à la drogue.
Venez nous rejoindre :
. Sont membre bienfaiteurs, les personnes qui versent une cotisation de 1.500 euros et un droit d'entrée de 500 euros, montant révisés par l'assemblée générale ordinaire chaque année.
. Sont membre actifs, les personnes qui versent une cotisation annuelle e 50 euros et un droit d'entrée de 15 euros, montants révisés par l'assemblée générale ordinaire chaque année.
D.A.V.I.D. travaille en faveur de l’aide aux victimes et aux familles des victimes de la drogue mais aussi dans la recherche et l’éradication de filières de la drogue.
L’association est implantée dans deux régions de France : Rhône-Alpes et Languedoc- Roussillon mais aussi en Tunisie et au Togo. D.A.V.I.D. est financée principalement par des particuliers et des collectivités territoriales.
Les missions • Aider les victimes et les familles des victimes de la drogue, • Informer et former les populations sur les méfaits de la drogue, • Visiter les prisons, • Présenter des hommes de loi, • Présenter des hommes de foi, • Présenter des familles de soutien, • Rapatrier les victimes dans leurs pays d’origine, • Créer des filiales de l’association dans le monde, • Mettre en forme une bibliothèque virtuelle de textes internationaux, • Créer un blog puis un Site de l’association, • Mettre en place des chaînes de solidarité, • Créer des activités afin de récolter des fonds, • Expédier des missions à l’étranger, • Ouvrir des centres de formation et d’information. Le public Les structures de D.A.V.I.D. sont ouvertes aux victimes, aux familles des victimes et à toutes les personnes de bonne volonté qui se sentent concernées par les problèmes liés à la drogue.
Les partenaires
L’association D.A.V.I.D. souhaite obtenir l’aide d’un certain nombre de réseaux avec lesquels elle travaille depuis sa création dont Africapax, Fratri Mundi, , Compas, les Fourmis, mais aussi d’ONG, de Clubs services et d’autorités publiques.
Bien que Association des Fourmis soit signé Maryline de ieso, on a du mal à croire qu une telle merveille puisse être le produit du travail d une seule et même personne, tant ce blog est riche, complexe, troublant comme un impromptu de Schubert. Je ne doute pas que Association des Fourmis soit dédié aux internautes les plus intelligents, exigeants. Comme diraient les écossais : A masterpiece !
Fondée en 1984 par son Président actuel, Jacques Villard, sur les conseils de Michel Baroin, Président de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires, l’Association Française de Relations et d’Initiatives avec le Continent Africain a connu son plein essor alors qu’elle était animée par son Secrétaire Général, Pierre Dubois-Dupont. Les deux hommes, en compagnie de Lucien Traverse, Trésorier, placèrent Africa au centre de négociations entre la France et différents Etats Africains.
Notre association n’est pas un mouvement de masse. Elle ne le sera jamais. Africa est un réseau technique, humaniste et solidaire, formé entre des Africains et des Européens qui pensent, à l’exemple du Président Léopold Sedar Senghor, que nous appartenons tous à une civilisation de l’universel.
Comme aimait à le rappeler Jean Foyer, loin des calculs et des magouilles politico-économiques à court terme qui ruinent les espoirs de l’Afrique, nous développons, de manière progressive, sans fracture brutale, une dynamique issue de la cordialité créée par le temps vécu ensemble, des souvenirs communs et le sang versé sur les mêmes champs de bataille pour la défense de la Liberté. Nous sommes présents pour témoigner de ces liens affectifs, les entretenir, les enrichir et les raviver si nécessaire.
Notre philosophie est celle de la paix, de la tradition, de la considération, du respect mutuel, de l’Egalité, du partage équitable des ressources et des richesses et de l’évolution en commun des peuples concernés vers un mieux-être.
Nous travaillons pour la Fraternité la plus pure et l’éradication de tous les fléaux qui entraînent le continent africain vers l’enfer : la guerre, la famine, la misère, l’exode, les virus, la corruption, le mépris de la vie, l’exploitation débridée des ressources humaines, minières, animales et végétales. Les responsables politiques et économiques qui se livrent à ces activités sordides devraient être passibles de condamnations au titre de ces crimes contre l’humanité.
Européens et Africains, nous sommes des hommes libres. Nous avançons, la main dans la main, vers notre avenir en toute sérénité. Rien ne pourra briser cette union dont chaque maillon sait qu’il est solidaire de l’autre. Africa est un lien au service des deux continents. Elle lutte contre les contraintes de toutes sortes. Elle respecte les Nations et les Peuples. Elle essaye de participer à la construction d’un développement durable.
Nous tenons à être considérés sur nos seuls résultats. Nous sommes éloignés des discours officiels, des effets d’annonce et de manche qui permettent, uniquement, aux pays anciennement colonisateurs de conserver une certaine suprématie en Afrique. Nous ne sommes dupes ni d’un côté, ni de l’autre de la Méditerranée.
Nous accueillons fraternellement toutes les femmes, tous les hommes de bonne volonté. Il leur est nécessaire d’être reconnus comme tels, d’entretenir la persévérance dans le travail, de cultiver l’assiduité dans l’effort et de se dévouer pour le bien commun, en dehors de toutes autres préoccupations.
Tous les pays africains sont concernés par notre action sans exclusive politique, religieuse ou ethnique.
Coopération décentralisée, initiatives culturelles, tourisme, échanges universitaires, jumelages, autosuffisance, indépendance énergétique, rencontres politiques, économiques et sociales régionales ou internationales, formation, information, relations personnelles, initiatives individuelles ou collectives, aide à la diaspora immigrée, traitement des dossiers administratifs, organisation de conférences, de séminaires et de colloques, tels sont les champs principaux de notre activité.
Rien de ce qui est africain ne nous sera étranger.
AFRICA est au service des hommes, d’un continent et de la paix
Nul ne peut rester insensible à la situation des peuples de l’Afrique.
L’exil de milliers d’Africains hagards qui quittent leurs terres natales, dans des conditions souvent atroces, pour fuir la mort, la maladie, la pauvreté, le chômage, est un véritable drame de notre temps. Ces êtres, décharnés et courageux, parcourent des milliers de kilomètres sur terre et sur mer pour atteindre l’inaccessible rivage hospitalier, européen ou américain, qui devient rapidement un enfer. Là, on les pourchasse avant de les renvoyer vers leur point de départ. Ailleurs, on les exploite sur place. Où sont donc passés les Droits de l’Homme, les grands élans du cœur de la Révolution française ?
Les humanistes du monde ne peuvent rester uniquement des observateurs.
Au nom de leur idéal, ils se doivent de devenir des acteurs, des acteurs bénévoles, qui se mobilisent afin de créer des structures de développement durable en Afrique et d’accueil honorable dans les pays du monde. En aucun cas, ils ne peuvent participer à la chasse contre les émigrants, les immigrés ou les « rapatriés ».
Un seul esprit solidaire anime les bénévoles d’Africa : « Un pour tous et tous pour un », une seule devise les unit : « Liberté, Egalité, Fraternité entre toutes les femmes et tous les hommes du monde ».
D’autres que nous pratiquent déjà, avec qualité, ces principes dans d’autres domaines, sociaux, politiques, religieux ou philosophiques. Nous sommes faits du même bois, de la même essence. Rien ne nous sépare ! Nous sommes simplement complémentaires.
AFRICA est un réseau confidentiel qui n’entretient aucune autre ambition que de parler de Paix et d’agir au nom de la Solidarité.
AFRICA n’entre en guerre contre personne, contre aucun Etat, contre aucune religion, contre aucune organisation. Elle essaye d’être un tissu d’actions efficaces en faveur des plus démunis qui vivent sur le Continent Africain ou qui l’ont quitté, par la force et la douleur des évènements.
AFRICA est solidaire des Femmes et des Hommes du continent, mais aussi de celles et ceux de la diaspora qu’ils soient noirs, gris, blancs, rouges ou jaunes, qu’ils croient ou qu’ils ne croient pas.
Il existe, à travers le monde, un profond sentiment d’« africanité », un besoin pour l’humanité de porter un regard vers son berceau. Il n’est nul besoin d’être africain pour se sentir l’âme africaine.
L’humanité doit simplement se souvenir du creuset où l’homme s’est dressé pour la première fois, de ce lieu où il a poussé son premier cri, de ce bout de Terre où il a levé les yeux vers l’univers, de cette planète dont il part aujourd’hui à la conquête de l’espace, des prémices d’une aventure sans précédent.
Comment expliquer aux humanités de l’espace qui nous attendent que nous avons laissé périr, dans les pires conditions, les vestales de l’antique berceau ?
L’Africanité est un fait, comme aurait pu le dire le Président SENGHOR ou l’Emir ABD EL KADER, une culture, un ensemble de valeurs économiques et politiques, intellectuelles et morales, artistiques et sociales, des peuples d’Afrique, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est, mais pas seulement des peuples d’Afrique, de tous ces peuples qui sont issus de ce continent et qui ont créé l’humanité.
AFRICA s’est donnée une mission qu’elle a gravée au burin sur les pierres des sentiers et dans les cavernes de l’Histoire : Rien de ce qui est africain ne nous sera étranger.
Le Chemin
D'impossibles à imaginaires, d'imaginaires à complexes. Combien d'idées, de systèmes politiques, de théories, de procédés ont suivi ce chemin pour devenir "réalité" ! Denis Guedj Extrait de Le Théorème du perroquet
Lorsque nous étions enfants, il y a très longtemps, nos parents nous lisaient une histoire sur un chat qui marchait tout seul de Rudyard Kipling, l’un de nos auteurs de référence dans de nombreux domaines. La connaissance de la profonde philosophie de Kipling, ses chemins d’introspection, l’apprentissage des compagnons voyageurs nous ont permis, comme ce chat, de prendre la route, physiquement et spirituellement, sans nous soucier de l‘état des sentes où des brigands qui pouvaient parfois apparaître. Ces voyages, et les Maîtres de Justice que nous avons rencontrés, nous ont appris qu’il fallait toujours garder le cap et y revenir, immédiatement, lorsque nous sentions que nous allions nous égarer. Sur ces parcours en solitaire, nous avons rencontré beaucoup de frères de fortune et d’infortune de toutes nationalités, de toutes ethnies, de toutes religions, de toutes pensées philosophiques, de tous âges et de toutes couleurs. Nous nous sommes aperçus que rien ne nous différenciait sur l’essentiel, que nous sommes chez nous sur toute l’étendue de la Terre, que les frontières ne servent à rien, si ce n’est qu’à nous diviser, que nous avons l’immense mission de préserver toutes les espèces et leur environnement, qu’il nous fallait construire un développement durable et partager nos richesses avec toute l’humanité, afin que personne ne reste au bord du chemin. Pour certains des compagnons voyageurs que nous sommes, le bon chemin a été celui qui nous a été indiqué par cette étoile flamboyante qui illumine nos nuits. D’autres ont préféré explorer des voies plus incertaines et se sont perdus. Les plus malheureux n’en sont jamais revenus. Les plus malheureux, ne soyons pas trop affirmatifs ? Peut-être ont-ils trouvé la voie du bonheur, en gardant jalousement le secret pour ne pas être envahis par la multitude. En compagnie d’hommes et de femmes au grand cœur, Pierre Dubois-Dupont, Lucien Traverse et Jacques Villard ont créé AFRICA, en 1984 afin de permettre aux deux continents, l’Afrique où ils étaient nés, et l’Europe où ils vivaient d’envisager des échanges, une prospérité nouvelle, une fraternité vivante, après les morts et l’exil pour beaucoup de leurs parents et amis. Ils ont permis à des femmes et à des hommes de ces deux continents de se connaître, de travailler ensemble, de s’apprécier, de devenir des frères et des soeurs qui s’embrassent et qui se reçoivent, de penser ensemble à des projets et de participer à leurs réalisations. Ils ont adopté des enfants d’Afrique afin de leur donner une raison d’espérer. Oui, ils ont connu des échecs au cours de toutes ces années Mais ces échecs les ont grandis car ils les ont surmontés ensemble. Ils ont trouvé des solutions pour ne plus se trouver confrontés à de pareilles situations. Jamais, ils n’ont pratiqué la charité qui trouble la dignité. Personne n’a eu à tendre la main de la honte. Tout a été réalisé par le travail en commun. Ils ont mélangé leur sueur et leurs larmes, se créant un patrimoine de souvenirs à nul autre pareil. Ils ont connu, ainsi, de belles réussites et surtout, ils sont devenus des Frères, s’initiant les uns et les autres dans des rites spécifiquement africains dont seuls les Sages possèdent le secret. Nulle loi au monde ne pourra jamais les séparer. Ils n’ont pas eu besoin de test ADN pour comprendre qu’ils avaient fondé une même famille, qu’ils se battaient pour la même Patrie, cette planète Terre que nous aimons tous et que nous ne tenons pas à voir périr à la suite d’un cataclysme provoqué par une humanité imprudente et aveugle. Pierre Dubois-Dupont et Lucien Traverse ont rejoint le cimetière des éléphants. Jacques Villard s’est maintenu sur le dos de son chameau au travers de toutes les tempêtes de sable, pendant vingt quatre longues années. A son exemple, certain(e)s de nos frères et sœurs ont connu l’exil de leur pays natal, la prison, les procès, voire la calomnie et même la disparition physique, pure et simple. Ils n’ignoraient pas que c’était le prix à payer et ils l’ont payé cash. Aujourd’hui, nous connaissons, nous aussi, le prix à payer et nous acceptons d’avance de le payer. En novembre 2006, nous avons vu arriver des Hommes et des Femmes, venus des autres continents. Ils nous ont dit : nous voulons construire, nous aussi, avec vous, une fraternité sans chapelle, sans frontière, avec un horizon commun. Ensemble, après une longue réflexion et beaucoup d’hésitations, nous avons accepté de nous lancer dans le chantier Fratri Mundi, ayant pour base l’expérience eurafricaine, euro-méditerranéenne ou africano-européenne d’Africa. Pendant un an, nous avons travaillé, nuit et jour, sans ménager notre temps et nos économies sur ce grand chantier mondial. Au fil de nos nuits blanches, nous avons vu les Fondateurs qui voulaient réécrire l’Histoire, donner des conseils de vertu, puis prendre la poudre d’escampette devant l’ampleur des travaux ou, pire encore, se déchirer pour des intérêts sordides ou de vaines gloires. Ils venaient retirer des titres ou de l’argent alors que nous étions là pour agir dans l’ombre et trouver des ressources pour les plus malheureux. Dans la vie, il faut commencer par donner beaucoup pour recevoir un peu. Nous avons reçu en héritage de nos anciens, le Courage et l’Espérance. Il s’agit de valeurs mais pas de biens mobiliers ou immobiliers. Certes, les Etats ou les grandes ONG distribuent de l’argent à foison pour des projets dont il n’est pas question de discuter l’intérêt. Il se trouve cependant que l’on distribue bien souvent l’argent des autres. Il est impossible, cependant, de distribuer l’effort et le cœur des autres. Nous, nous payons de notre poche et nous mettons la main à la pioche. Avec nos frères africains, nous partageons de vrais moments de bonheur. Les Etats qui donnent le plus d’argent sont ceux qui refoulent les Africains de leur sol et qui vendent des armes de guerre pour pérenniser les conflits. Curieux, non ? Il nous a été donné pour mission de construire une cathédrale virtuelle. Nous nous sommes distribués des maillets et des truelles pour la bâtir. Depuis que nous avons pris en mains notre destinée, les contacts se sont multipliés avec toute l’Afrique et, au travers de l’Afrique, avec le monde entier. Les Fédérations d’Africa naissent sur les fondations que nous avons creusées en partenariat avec d’autres organisations. Dans les années qui vont suivre, des fédérations toutes plus belles les unes que les autres vont apparaître dans tous les Etats d’Afrique et en Europe. Chaque jour, des femmes et des hommes de courage se joignent à nous. Des commissions commencent à travailler sur les thèmes fondamentaux que nous devrons aborder afin d’orienter la réflexion commune de toutes nos fédérations. Nous construisons un immense réseau humanitaire et humaniste, mais aussi des réseaux de compétence, de solidarité et de fraternité. Si nous trouvons les bonnes volontés nécessaires, nous allons pouvoir disposer d’un fichier Internet de plusieurs milliers de messageries et l’exploiter pour la bonne cause. Tout alors sera possible ! Mathématiquement, notre organisation va croître, disposer de moyens financiers et d’une force de pression qui devraient nous permettre d’accéder aux commissions internationales. Nous pourrons enfin réaliser un certain nombre de projets dont nous serons les inventeurs, les acteurs, les moteurs et les porteurs. Nous n’entretenons pas la prétention de ressembler à qui que ce soit ! Nous entreprenons, simplement et modestement, nous aussi, une longue marche de caravaniers dans le désert sans autres ressources que notre foi, notre gourde et nos haillons spirituels, afin de rassembler, dans un premiers temps, ce qui est épars, au sens le plus large du terme. Notre époque est bouleversée, bouleversante. Il est de notre devoir de nous diriger vers de nouveaux chemins de réflexion qui nous conduiront les un(e)s vers les autres. Nous sommes déjà nombreux et la multitude nous attend. Nous n’ignorons pas que nous allons nous heurter à des incompréhensions et à des adversités terribles lorsque certains vont comprendre nos buts finaux, vont percevoir le fond de nos discours, vont constater nos réalisations. Rien n’est simple dans la vie ! Nous avons tous embarqués dans des galères sans même nous en rendre compte. Au même moment, d’autres placent l’argent public qui leur est confié dans leurs propres poches et vivent en nantis alors que leurs peuples crèvent de faim. Il ne peut rien nous arriver de plus grave que de réussir ! L’union fait la force, c’est vrai et nous allons le démontrer ! Cette force nous allons la mettre à la disposition de la Fraternité, de la Solidarité, de la Non-violence et de la Paix en faveur de femmes et d’hommes de bonne volonté qui vont se construire, ensemble, un devenir. Nous entrons sur le chemin ! Marchons d’un pas alerte, droit devant nous ! Comptons-nous aujourd’hui pour mieux nous compter demain et comptabiliser, ainsi, les résultats obtenus ! Laissons partir les curieux et les indécis, les médisants et les mendiants, accueillons fraternellement les nouveaux venus! Il ne doit y avoir dans nos cœurs que de bons et de beaux sentiments à l’exclusion de tout ce qui pourrait justifier un quelconque affrontement, individuel ou collectif.
Poème d’un enfant africain
L'homme et la femme sont deux miroirs. Ils ont tous la même couleur de sang. Cette couleur est le rouge. Pour d’autres, l'amour, Pour le reste, le feu. Dans tous les peuples des hommes et des femmes, Il y en a qui s'aiment mais qui ne veulent pas le montrer. Et les autres, ils se trahissent et se battent. Pourtant, chaque homme et chaque femme sont faits pour aimer : aimer pour élever leurs enfants, aimer pour la paix, aimer pour réussir, aimer pour être heureux, aimer pour parler, aimer pour vivre, aimer pour aider, aimer pour se rencontrer, C'est pour ça que l'homme et la femme sont là.
Le temps de l’action
Créée par Jacques Villard, il y a plus de vingt ans, l’Association Française de Relations et d’Initiatives avec le Continent Africain (AFRICA) a conservé son identité de réseau confidentiel consacré aux relations fraternelles et solidaristes entre des Africains et des Européens initiés aux valeurs profondes du berceau de l’humanité. Farouchement indépendante de tous pouvoirs politiques ou confessionnels, Africa a dirigé ses interventions vers les microprojets de personnes soucieuses de fonder un devenir, sur le continent africain, à leur famille ou à leur village. Le financement de cette Organisation Internationale Non Gouvernementale a été assuré, sans discontinuer, par les dons de ses fondateurs et de ses administrateurs. Jamais, l’Association n’a demandé de subventions publiques et ne s’est soumise à des adhésions de masse, incontrôlables. Des femmes et des hommes de talent ont marqué de leur empreinte les travaux des différentes fédérations africaines officielles ou discrètes en fonction de l’état démocratique des pays d’implantation. Un certain nombre d’entre eux a disparu dans la violence des temps, à la suite de maladies, de pannes économiques ou, plus grave, d’enlèvements ou d’attentats. Le prix à payer est très lourd lorsque l’on tient à rester des êtres libres et de bonnes mœurs, lorsque l’on pratique à visage découvert la fraternité et la solidarité, lorsque l’on ne se laisse détourner de sa mission par aucune compromission. Les survivants ont continué l’œuvre entreprise sans jamais se laisser porter par la facilité ou décourager par les critiques, les menaces, les confrontations internes d’hommes ou d’idées et les tentatives de récupération ou de déstabilisation. Notre association a décidé, au cours de l’année 2007, de prendre plusieurs initiatives : - promouvoir directement la Paix, la Fraternité et la Solidarité entre les hommes de la Terre, - s’engager résolument dans la défense des Droits de l’Homme et du développement durable, - participer à la création et au développement de la Confédération Fratri Mundi, - reconfigurer son site Internet Africapax.fr, - mettre en place une nouvelle technique d’information et de communication, - publier un manifeste collectif : « le Chemin », - remettre en activité son bulletin, numérique et sur papier : « Achaba », - encourager des créations officielles de fédérations nationales ou régionales, - développer l’aide aux peuples autochtones, - appuyer des projets de jumelages culturels, économiques, philosophiques et sociaux, - encourager la création d’unités économiques en participant directement à leur gestion, - se prononcer, sans ambiguïté, politiquement et économiquement, - mémoriser les noms et les œuvres de celles et ceux qui se sont dévoués pour le bien de l’humanité, - recomposer et activer ses structures dirigeantes, - normaliser sa propre gestion par des signatures de contrats avec des mécènes. En ouvrant cet immense chantier, les dirigeants actuels de l’association souhaitent mettre Africa en ordre de bataille pour affronter l’anniversaire de ses vingt-cinq ans d’existence afin que l’organisation non gouvernementale soit reconnue, considérée et acceptée dans le cadre des travaux des commissions internationales, initiées par l’Organisation des Nations Unies et l’Unité Africaine. Pour ce faire, il est nécessaire, en février 2008 au plus tard, de doter l’Organisation d’une Présidence bénévole à plein temps, d’un Secrétariat Général permanent, de ressources adéquates et de membres actifs, chargés de missions spécifiques. En janvier 2008, le siège de l’association sera transféré au plus profond du département de l’Hérault dans le but de rejoindre le lieu de naissance d’Africa et de construire un espace qui abritera les travaux et la mémoire de toutes celles et de tous ceux qui se dévouent, depuis des décennies, au rapprochement de l’Afrique et de l’Europe.
La Marche
Africa est une association humaniste et laïque à vocation internationale. Elle entretient et conforte les liens fraternels existant entre Africains et Européens afin que les mots liberté, égalité, fraternité, droits de l’homme, développement durable ne restent pas des mots creux, vides de sens et de réalité. Elle travaille dans le but d’éradiquer tous les fléaux qui agressent l’Afrique dans les domaines de la santé, de la sécurité, de l’environnement, de la philosophie, de la politique et de l’économie. Africa est une idée qui fait son chemin. Africa considère que rien de ce qui est africain ne doit lui être étranger. Africa est un outil au service de la Paix et de la Solidarité entre les Hommes. Ce n’est pas une organisation humanitaire qui manie des fonds importants, qui dispose de moyens sans limite, qui sert de relais ou de conscience à des organisations internationales ou gouvernementales qui distribuent des soins à ceux qu’elles exterminent, qui donnent de la nourriture à ceux qu’elles affament, qui construisent des écoles afin der mieux capter les cerveaux dans le cadre des intérêts des mieux nantis.. Les seuls arguments d’Africa sont la non-violence et la résistance passive au service d’une cause essentielle qui demandent à ses serviteurs de vivre pour elle et non pas de mourir. Aucune cause au Monde ne mérite la mort d’un seul Homme. Aucune raison ne peut justifier l’anéantissement de la faune et de la flore, de toute expression de la vie sur Terre. La science et son progrès doivent être dirigés vers l’amélioration de la condition humaine, vers la conservation de notre patrimoine naturel, vers la découverte pacifique de notre environnement spatial afin de donner plus de visibilité à l’humanité. Les usines de fabrication d’armes, de drogues diverses, de produits chimiques dangereux doivent êtres définitivement fermées. Les mots qui se rattachent à la guerre, à la violence, à l’arbitraire, doivent sortir de notre langage. Nous devons apprendre à allers vers les autres, à découvrir leurs lieux de vie, leurs lieux de travail et, bien souvent, leurs lieux de misère. Si la Paix et le Développement ne s’installent pas durablement en Afrique, c’est l’humanité toute entière qui en souffrira. Tous les actes de guerre, tous les actes de terrorisme sont condamnables de la même manière. Il n’y a pas de guerre juste, de combats nobles. Tous les affrontements qui débouchent sur la haine de l’autre et la volonté d’extermination sont autant d’échecs de l’humanité. Soyez égoïstes ! En luttant pour l’Afrique, luttez pour vous, pour le devenir de vos enfants, pour votre propre Paix interne et votre Développement ! Si vous restez indifférents, si vous ne faites qu’écouter sans réagir les discours officiels, si vous vous laissez emporter par votre quotidienneté, vous devenez les complices de ceux qui veulent saccager le Monde à leur seul profit ! Ils vous exploiteront comme ils exploitent actuellement l’Afrique en la laissant devenir la poubelle des Nations développées. Un homme riche et gras ne pourra vivre éternellement serein et en bonne santé aux côtés d’un homme pauvre et malade, un jour ou l’autre, le pauvre se révoltera et fera payer à l’homme riche le prix fort de ses souffrances. Il est temps de partager, de s’asseoir à la même table, d’admettre que nous devons vivre et prospérer ensemble, tout en respectant notre environnement. Faute de ce faire, cette Terre deviendra invivable et reprendra ses droits ! A l’exemple du Mahatma Gandhi et du Pasteur Martin Luther King, marchons ensemble et en silence, mais avec détermination, vers notre destin. Le Comité Action d’Africa
Proverbes Africains
La Sagesse Africaine
Afrique Sub-saharienne Au bout de la patience, il y a le ciel. Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef. Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. Celui qui doit vivre survit même si tu l'écrases dans un mortier. Celui qui est impatient d'avoir un enfant épousera une femme enceinte. Celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles. Celui qui t'empêche de te battre, donne-lui une récompense. Ce qui est plus fort que l'éléphant, c'est la brousse. Ce sont ceux qui ont peu de larmes qui pleurent vite le défunt. C'est au bout de la vieille corde qu'on tisse la nouvelle. C'est celui dont tu as soigné l'impuissance qui te prend ta femme. C'est celui qui n'a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n'est pas plaisant. C'est en essayant encore et encore que le singe apprend à bondir. C'est souvent l'homme pour qui tu es allé puiser l'eau dans la rivière qui a excité le léopard contre toi. Chaque marigot a son crocodile. Dans un pouvoir despotique, la main lie le pied ; dans une démocratie, c'est le pied qui lie la main. Homme, bois de l'eau pour te rendre beau. Gave-toi de soleil pour te rendre fort. Et regarde le ciel pour devenir grand. Il n'y a pas de mauvais roi mais de mauvais courtisans. Il n'y a pas de plus grand bonheur que la venue d'un hôte dans la paix et l'amitié. Il n'y a pas qu'un jour, demain aussi le soleil brillera. Jette un os au chien méchant pour l'empêcher de te mordre. La buse qui plane ne se doute pas que ceux qui sont en bas devinent ses intentions. La chèvre morte est un malheur pour le propriétaire de la chèvre ; mais que la tête de la chèvre soit mise dans la marmite n'est un malheur que pour la chèvre elle-même. La civette dépose ses ordures, à la source où elle a bu. La femme est la ceinture qui tient le pantalon de l'homme. La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche. La mort engloutit l'homme, elle n'engloutit pas son nom et sa réputation. La mort est l'aînée, la vie sa cadette ; nous, humains, avons tort d'opposer la mort à la vie. La mort est un vêtement que tout le monde portera. La mort moud sans faire bouillir l'eau. La nuit dure longtemps mais le jour finit par arriver. Là où on s'aime, il ne fait jamais nuit. La persévérance est un talisman pour la vie. La plume de l'oiseau s'envole en l'air mais elle termine à terre. La Terre n'a qu'un Soleil. La vache qui reste longtemps en place, s'éloigne avec une fléchette. Le cadavre d'un oiseau ne pourrit pas en l'air mais à terre. Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois. Le ciel n'a pas deux soleils, le peuple n'a pas deux souverains. Le coassement des grenouilles n'empêche pas l'éléphant de boire. Le cri de détresse d'un seul gouverné ne vient pas à bout du tambour. Le destin souffle sans soufflet de forge. Le feu qui te brûlera, c'est celui auquel tu te chauffes. Le jour éloigné existe mais celui qui ne viendra pas n'existe pas. L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent. Le lieu où on attend la mort n'a pas besoin d'être vaste. Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits. Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas. Le palétuvier d'eau douce danse mal parce qu'il a de trop nombreuses racines. L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli. Les bonheurs n'ont pas de campements rapprochés. Les condoléances ne ressuscitent pas le défunt mais elles entretiennent la confiance entre ceux qui restent. Le singe n'abandonne pas sa queue, qu'il tient soit de son père, soit de sa mère. Le singe ne voit pas la bosse qu'il a sur le front. Les marques du fouet disparaissent, la trace des injures, jamais. L'espoir est le pilier du monde. Le veau ne perd pas sa mère même dans l'obscurité. Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau. L'herbe ne pousse jamais sur la route où tout le monde passe. L'oeuf ne danse pas avec la pierre. L'oiseau qui chante ne sait pas faire son nid. Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens. Marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane. Mouche du roi est roi. Ne pile pas ton mil avec une banane mûre. On dit que la mort est préférable à la honte, mais il faut rapidement ajouter que si la honte porte des fruits, la mort n'en porte pas. On est plus le fils de son époque que le fils de son père. On ne met pas les vaches dans tous les parcs que l'esprit construit. On ne prend pas un hippopotame avec un hameçon. On n'oublie pas l'arbuste derrière lequel on s'est caché quand on a tiré sur un éléphant et qu'on l'a touché. On tarde à grandir, on ne tarde pas à mourir. Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village. Quand deux esclaves se rencontrent, ils disent du mal de la liberté. Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit. Quand l'éléphant trébuche, ce sont les fourmis qui en pâtissent. Quand les poules de la basse-cour deviennent trop nombreuses autour du mortier et harcèlent les pileuses, celles-ci suspendent leur action. Quand on se couche à deux, on se réveille à trois. Quand un arbre tombe, on l'entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit. Quand un homme, la corde au cou, passe près d'un homme tué, il change de démarche et rend grâce à Allah du sort que le Tout-Puissant lui a réservé. Que celui qui n'a pas traversé ne se moque pas de celui qui s'est noyé. Que personne ne se hâte de voir le jour où tous ses parents et leurs familles feront un éloge. Qui est souvent à la cour du roi, finit toujours par trahir ses amis. Qui va loin revient près... Qui vit longtemps voit la danse de la colombe. Si en te baignant tu as échappé au crocodile, prends garde au léopard sur la berge. Si haut que parvienne une chose lancée, c'est à terre qu'elle retourne. Si la petite souris abandonne le sentier de ses pères, les pointes de chiendent lui crèvent les yeux. Si le crocodile achète un pantalon, c'est qu'il a trouvé où mettre sa queue. Si le puissant mange un caméléon, on dit que c'est pour se soigner, c'est un médicament. Si le pauvre en mange, on l'accuse de gourmandise. Si le rat a mis une culotte, ce sont les chats qui l'ôtent. Si tu portes un vieillard depuis l'aube et que le soir tu le traînes, il ne se souvient que d'avoir été traîné. Si tu supportes la fumée, tu te réchaufferas avec la braise. Si tu vois une chèvre dans le repaire d'un lion, aie peur d'elle. Si un animal vous dit qu'il peut parler, il ment probablement. Si un petit arbre est sorti de terre sous un baobab, il meurt arbrisseau. Sur quelque arbre que ton père soit monté, si tu ne peux grimper, mets au moins la main sur le tronc. Tous les blancs ont une montre, mais ils n'ont jamais le temps. Toute flèche dont tu sais qu'elle ne te manquera pas : fais seulement saillir ton ventre pour qu'elle y frappe en plein. Un acacia ne tombe pas à la volonté d'une chèvre maigre qui convoite ses fruits. Une calebasse pleine de lait s'eloigne toujours de la bagarre entre gourdins. Un énorme éléphant n'a pas toujours d'énormes défenses. Une petite colline te fait arriver à une grande. Une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer. Un seul chagrin ne déchire pas le ventre en une seule fois. Un veillard qui meurt, c'est comme une bibliothèque qui brûle. Bambara Ce n'est pas la bouche, mais le pied qui trace le sentier de la parenté. C'est celui qui a du lait qui peut faire la crème. Chaque filet d'eau a son chemin. La belle femme est celle qui a un enfant sur le dos. La feuille ne pourrit pas le jour de sa chute dans l'eau. Le monde est un pot à eau, quand on a bu, on le passe à autrui pour qu'il boive aussi. L'enfant aime la liberté, il en est la première victime. Lorsque la tête du serpent est coupée, le reste n'est qu'une corde. On ne jette pas le poisson qu'on a dans la main pour prendre celui qu'on a sous le pied. Quand le tonnerre gronde, chacun pose sa main sur sa tête. Si Dieu tue un riche, il tue son ami ; s'il tue un pauvre, il tue une canaille. Si nombreux que soient les travaux finis, ceux qui restent à faire sont plus nombreux. Tes fautes anciennes te nuisent en justice. Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux. Toute mère est un fleuve. Tout vieux héros finit par décortiquer l'arachide de sa femme. Un homme meurt sans causer au monde aucun dommage. Bamiléké Dieu n'a fait qu'ébaucher l'homme, c'est sur terre que chacun se crée. Haoussa La parenté est comme un manteau d'épines. L'eau chaude n'oublie pas qu'elle a été froide. Le meilleur ail ne remplace pas l'oignon. L'homme est comme le poivre, tu ne le connais pas avant de l'avoir mâché. Quand tu manges un gâteau rond, commences-tu par le centre ? Qui écoute les donneurs d'avis suit le vent à la trace. Nigritien Celui qui a un maître n'est pas maître de ce qu'il porte sur le dos. Celui qui a vécu sans qu'on s'en aperçoive, s'il meurt, on ne s'en apercevra pas. Ce n'est pas à toute oreille percée que l'on met des anneaux d'or. C'est quand le chat est repu qu'il dit que le derrière de la souris pue. La femme est une eau fraîche qui tue, une eau profonde qui noie. La méchanceté est un lion qui commence par bondir d'abord sur son maître. La querelle entre parents fume et ne flambe pas. Le léopard ne se déplace pas sans ses taches. Le lion en chasse pour tuer ne rugit pas. Le sorcier tue, mais n'hérite jamais. L'homme patient parvient à faire cuire une pierre jusqu'à ce qu'il la boive en bouillon. L'union dans le troupeau oblige le lion à se coucher avec la faim. Quand on fait rôtir une pintade, la perdrix a la migraine. Si de la main droite tu fouettes l'enfant, de la main gauche tu le presses sur ton coeur. Bantou La mère est celle qui prend le couteau par la lame. Le borgne n'a qu'un oeil, mais il pleure quand même. L'héritier du léopard hérite aussi de ses tâches. Ne brandis pas dans l'air le serpent que tu as tué, les autres serpents te guettent. Quand on a mangé salé, on ne peut plus manger sans sel. Zoulou Avancer, c'est mourir ; reculer, c'est mourir ; donc vaut mieux avancer et mourir. Il faut façonner l'argile pendant qu'elle est molle. Le fou est l'échelle du sage. Le putois ne sait pas qu'il pue. Touareg Au bout de la corde, la tente ; au bout de l'homme, la trace. Bouche de miel, coeur de fiel. C'est pendant que le vieux seau est encore là qu'il faut en fabriquer un neuf. En quelque pays que tu entres, conforme-toi à ses moeurs. Fais de ta plainte un chant d'amour pour ne plus savoir que tu souffres. Les années ne peuvent se cacher dans un sac. Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. L'homme a inventé la montre, mais Dieu a inventé le temps. L'oeil ne voit pas ce qui le crève. Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis sans rien faire. Mieux vaut passer la nuit dans l'irritation de l'offense que dans le repentir de la vengeance. Mieux vaut se briser la jambe que briser sa parole. Ne te lasse pas de crier ta joie d'être en vie et tu n'entendras plus d'autres cris. Que celui qui réside fasse en sorte que celui qui passe ne le mésestime pas. Qui fait ce que son père n'a pas fait verra ce que son père n'a pas vu. Berbère Celui que le serpent a piqué prend peur d'une simple corde. Celui qui a levé la main, c'est comme s'il avait frappé. Celui qui passe la nuit dans la mare se réveille cousin des grenouilles. Celui qui possède un métier est comme celui qui possède un château-fort. Ce qui est dans la parole est dans le silence. La honte court comme le feu. L'arbre suit sa racine. Le présomptueux devient raisin sec avant d'avoir été raisin mûr. Les dents ont beau rire, le coeur sait la blessure qu'il porte. Les paroles les plus douces ont moins de prise sur les femmes que les bijoux silencieux. Les soucis enlaidissent, c'est la joie qui fait fleurir. Les voiles des coeurs sont déchirés quand les coeurs se regardent en face. Qui se blesse soi-même ne se manque jamais. Si la chance veut venir à toi, tu la conduiras avec un cheveu ; mais si la chance veut partir, elle rompra une chaîne. Si tu as de nombreuses richesses donne ton bien ; si tu possèdes peu, donne ton coeur. Une belle fille est comme une aiguillée de soie. Kabyle Fais ce que ton voisin fait, ou déplace l'entrée de ta maison. La femme se débat comme la mouche dans le petit-lait, personne ne la voit. La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche. "Mon Dieu, mon Dieu" sur la langue... et un poignard dans son sein. Qui n'est pas utile à soi-même ne peut être utile à ses amis et ses proches. Si tu rencontres deux êtres qui vivent en harmonie, sois sûr que l'un d'eux est bon. Vouloir arriver, c'est avoir fait la moitié du chemin. Un âne, restera toujours un âne, même si on lui a coupé les oreilles
Nous sommes tous des leviers de l'epérances !
Il y a quarante ans, Martin Luther King mourrait
Il est important de conseiller à nos ami(e)s de lire cette biographie remarquable de Christian Delorme. On comprend mieux l’évolution d’hommes éclairés vers leur destin. On comprend mieux notre propre combat ! Comme Martin Luther King, nous faisons le rêve d’un monde meilleur. Pour que ce monde soit meilleur, il est important que les hommes se connaissent, se parlent, travaillent et se détendent ensemble, qu’ils regardent le soleil se lever, qu’ils voient naître un enfant et mourir le vieillard, qu’ils apprennent à se lire dans les yeux, qu’ils maîtrisent leurs souffrances, qu’ils aiment l’humanité et, surtout, que, partout, ils se sentent chez eux. Conserver la beauté naturelle de la Terre, préserver le bonheur d’y vivre en paix et en harmonie , prospérer, tous ensemble, dans un environnement exceptionnel, accompagner toutes les génération vers un avenir radieux est à portée de nos regards, de notre action quotidienne. Des gens anonymes luttent journellement pour réparer les irréparables outrages d’êtres inconséquents. Il est difficile de dire des vérités dans ce monde sans passer pour des empêcheurs de tourner en rond. Bien souvent, on nous demande quel est le bilan d’Africa, combien nous avons construit d’écoles, quelles sont les lieux où nous avons implanté des pompes à eaux, combien de tonnes de riz ou de vivre nous avons distribuées, quels sont les hôpitaux que où nous aurions implanter du matériel, … Nous ne répondrons jamais à ces question. Africa ne fait rien de tel. Chacun des membres d’Africa agit dans d’autres structures pour réaliser ces objectifs. Pourquoi abriter, instruire, nourrir des hommes que nous allons abandonner demain aux balles que nos pays aurons fabriquées. Il faut commencer par éradiquer, chez nous, ce que nous exportons de plus terrible pour le genre humain. Les membres d’Africa véhiculent des idées. Ils marchent en paix vers les autres, y compris leurs pires ennemis. Ils parlent avec tout le monde, Ils s’assoient autour de toutes les tables et sur tous les tapis. Ils partagent leurs biens et leur pitance. Ils travaillent durement pour payer, eux-mêmes, le prix de leurs engagements sans avoir à tendre la main. Il est facile de construire avec l’argent des autres et sans limite. Ils agissent dans l’ombre, redoutent la médiatisation, refusent toutes les récompenses et s’éclipsent discrètement lorsque l’un de leurs buts est atteint. Ils n’ont pas de cartes de visites. Ils n’obéissent à aucun gourou, à aucun dogme. Ils sont libres de corps et de pensées. Africa ne reconnaît aucune frontière, spirituelle ou géographique mais respectent tous ceux qui vivent en paix à l’intérieur de ces constructions humaines. Les couleurs de peaux, les noms, les langages, les nationalités, les drapeaux sont tristement dérisoires, ne veulent rien dire, sont autant de facteurs de division si ces différences deviennent des armes de guerre. La guerre, la faim, la maladie, la pauvreté, les destructions ont-elle une couleur de peau, des frontières ? Nous parlons le langage des yeux et des signes, celui du vent, de la glaise, de la pluie et de la chaleur. Les membres d’Africa ne refusent pas le progrès. Ils essaient simplement d’en maîtriser les effets dévastateurs. Nous ne sommes pas rétrogrades, bien au contraire. Nous aimons la Terre et notre prochain. Nos ennemis sont toutes les dictatures qui sévissent dans tous les domaines de l’activité humaine. Nos amis sont ceux qui se battent pour conduire leurs peuples vers la raison et la liberté. Les membres d’Africa se croisent les bras devant toutes les haines. Ils marchent en silence vers leur destin sans que rien, ni personne ne puisse les arrêter. La non violence active irrite certainement mais gagne sur tous les terrains ! A l’exemple de Martin Luther King, nous sommes tous des leviers de l’espérance ! Biographie du Pasteur Martin Luther King par Christian Delorme, Directeur de Publication d'Alternatives Non Violentes
Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse. Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique. Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue. De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse College d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse. Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Nègres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955. King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi. En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti à leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s'installaient à Montgomery (Alabama), ville habitée par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, où Martin Luther King prit la succession d'un "pasteur de choc", dans une des églises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles aisées et d'intellectuels. ________________________________________ Le boycott de Montgomery: Le 17 mai 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait décrété que dans l'éducation, droit majeur de l'homme, la ségrégation était contraire à la Constitution. Il s'agissait d'un événement important, qui ouvrait une brèche dans le mur soigneusement élaboré du mépris racial, mais l'intégration était encore loin d'être réalisée, surtout dans les Etats du Sud. Afin d'intéresser ses paroissiens aux problèmes du peuple noir, et surtout afin de les amener à faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita très vite un comité d'action sociale et politique, et il invita les membres de la communauté à adhérer à la N.A.A.C.P. qui avait été pour beaucoup dans la décision de la Cour Suprême. Mais c'est le ler décembre 1955 que se produisit l'événement qui allait orienter toute sa carrière de pasteur. Ce jour-là, en effet, une couturière noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de céder sa place assise dans l'autobus à un Blanc, comme les lois de l'Alabama le lui enjoignaient. La police l'interpella, et elle se serait retrouvée en prison si un témoin de la scène n'avait payé immédiatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalisé, il décida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d'organiser le soir même une réunion au temple, avec tout ce que la communauté noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, médecins, syndicalistes... Un syndicaliste ayant suggéré un boycott des autobus, l'idée fut discutée et, progressivement, adoptée. Les pasteurs annonceraient la décision à l'office du dimanche. Un tract serait distribué à la population de couleur. Le lundi 5 décembre, les Noirs ne devraient pas prendre l'autobus pour aller au travail, à l'école, à la ville ! Le lundi matin, chacun était anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l'autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promenèrent tout seuls, car les Blancs s'étaient eux-mêmes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, étaient pleins, les rues étaient encombrées de bicyclettes et de piétons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilomètres à effectuer pour se rendre à leur travail, marchèrent même beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s'interpellait. C'était la levée en masse de la piétaille ! La police aurait voulu arrêter les meneurs... mais qui était meneur ? Dans la journée, Mme Parks fut condamnée à dix dollars d'amende pour violation des lois locales de ségrégation. Le soir, une grande assemblée se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s'écria : "Nous en avons assez d'être maltraités et opprimés. Nous avons été trop patients. Une des gloires de la démocratie, c'est qu'elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L'amour du prochain sera notre règle". Les applaudissements et les reprises en chœur de ses phrases l'interrompaient constamment. On décida que le boycott serait prolongé jusqu'à ce que des pratiques humiliantes cessent d'être imposées aux Noirs dans les autobus. On créa aussitôt une nouvelle organisation, l'Association pour le Progrès de Montgomery, et King en fut nommé président. L'action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorités firent pression sur King pour qu'il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l'arrêta sous le fallacieux prétexte d'excès de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de déclencher une réaction noire violente qu'évita de justesse King en faisant appel à la raison. En mars, on intenta un procès au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamné à cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d'amende. Cette lutte, Martin Luther King l'a racontée dans "Combats pour la liberté". Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l'avaient jamais été, s'entraidèrent ainsi pour des services de taxis bénévoles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s'encouragèrent les uns les autres à circuler à pied et à se tenir prêts à être jetés en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d'autobus fut finalement obligée d'accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s'arrêtait pas là : dès novembre 1956, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré inconstitutionnelles lois imposant la ségrégation dans les transports ! Le 21 décembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans les mêmes conditions que les Blancs, sous la protection d'une loi anti-ségrégation. Pour eux, c'était la prise de la Bastille ! ________________________________________ L'action s'étend Dès lors, Martin Luther King allait apparaître comme le leader national du mouvement de résistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l'organisation qui s'appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut élu président. Pour commencer, cette organisation décida de concentrer son attention sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu'à Montgomery malgré la nouvelle loi, et l'accession des Noirs au droit de vote. Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilomètres et prononça deux cent huit discours. On l'appelait "le nouveau Moise" ou "le nouveau Gandhi". Un thème revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la défense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acquérir le respect d'eux-mêmes. Preuve de la popularité grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l'invitait aux cérémonies qui marquèrent l'indépendance du Ghana. A son retour d'Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., décidaient d'organiser une manifestation à Washington, le 17 mai 1957, pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour Suprême supprimant la ségrégation dans les écoles. Vingt-cinq à trente mille Noirs et quelques Blancs, massés devant le mémorial de Lincoln, écoutèrent les orateurs qui réclamaient la fin de la ségrégation raciale. King fut ovationné. Un mois plus tard, il était reçu, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-président Nixon. Puis, le 23 juin, c'était au tour du président Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des réponses très vagues, qui aboutirent à une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n'offrant guère d'espoirs d'application immédiate. Le langage de King, lui, était ferme et exigeant. En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de "Combats pour la liberté", Martin Luther King fut insulté, brutalisé et arrêté par des agents de police. Il fut vite relâché, un inconnu ayant payé sa caution. Mais, peu après, une femme noire exaltée, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincu que celui-ci était communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s'arrêta tout contre l'aorte, et c'est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invité par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi. Le progrès vers l'égalité raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques élèves noirs dans une grande école qu'on proclamait "intégrée". De ce fait, la patience des Noirs était mise à rude épreuve, et à partir de 1959, les "Musulmans Noirs", qui refusaient de faire appel, comme King, à la conscience des Américains blancs et prônaient la violence, commencèrent, sous la direction d'Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l'Amérique noire, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord. A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, où Martin Luther, étant donné ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta. ________________________________________ "Sit-ins" et "voyages de la liberté" Montgomery avait été le premier épisode de la révolte noire. Greensboro fut le deuxième. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre étudiants noirs s'installèrent, le ler février 1960, dans un buffet réservé aux Blancs et refusèrent d'en partir. Une station de radio transmit l'information. Aussitôt, des dizaines d'étudiants vinrent en renfort à leurs camarades : les "sit-ins" venaient de faire leur apparition comme tactique de masse. Ce mouvement allait s'étendre à plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuriés, les manifestants restaient silencieux. Frappés, ils ne rendaient pas les coups. Même quand des jeunes Blancs s'amusaient à tirer les cheveux des filles noires ou à écraser des cigarettes allumées sur leur cou, celles-ci ne répondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignité. Il y eut des centaines d'arrestations. Martin Luther King n'avait pas été directement à l'origine de cette action, mais il allait d'un lieu à un autre, soutenant les résistants, se joignant à leurs démonstrations, se faisant arrêter avec eux. Il expliquait : "Pour que la résistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirigé vers la réconciliation. Notre but final est la création de la communauté d'amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l'esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence". Cette forme de lutte contre la ségrégation permit d'accomplir à un rythme accéléré l'intégration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les bibliothèques, dans les églises... En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l'action, et ils l'intitulaient "Comité des Etudiants Non-violents" (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l'impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait évoluer cinq à six ans plus tard en s'éloignant de la non-violence. C'est l'année aussi où King fut accusé de fraude fiscale, accusation dont il fut lavé mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait été parmi les quelques vingt et un mille personnes arrêtées dans les Etats du Sud, tandis que quelques progrès étaient apparus en direction de l'intégration et des droits des électeurs, et que des comités paritaires poursuivaient des négociations dans plus de cent localités. ________________________________________ Prix Nobel de la Paix 1964 Kennedy mort, en était-ce fini des espoirs des Noirs américains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son prédécesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques était votée. Ce texte s'attaquait à la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait désormais relever les infractions du ministère fédéral de la justice et non plus des juridictions locales, et créait une commission pour étudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n'était allée jusqu'à présent aussi loin dans le sens de l'égalité raciale. Pourtant, au même moment, des émeutes noires éclataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie... Les jeunes des ghettos des grandes villes américaines du Nord, en effet, avaient dépassé la frontière du désespoir. Ils n'avaient ni passé ni avenir : ils se jetaient dès lors dans la violence la plus aveugle. En septembre 1964, King était invité par Willy Brandt à Berlin, et il était reçu en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson à la présidence des Etats-Unis... et apprenant son élection pour le prix Nobel de la Paix, qu'il allait recevoir à Oslo le 10 décembre 1964. Par l'intermédiaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette révolte noire qu'il était déjà pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa célébrité faisait le tour de l'univers... elle était en train de mourir aux portes des quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants entendaient déjà un autre rêve : celui du "Black Power" (Pouvoir noir), celui d'une Amérique sans les Blancs. Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l'Est, la main-d'oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s'était entassée dans des quartiers qui avaient vite ressemblé à l'enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des débouchés en quantité très limitée. Très fort chômage. Revenus inférieurs. Généralisation de l'assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Très forte densité. Dégradation de la vie familiale... Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la révolte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumulée contre les Blancs, même si, à la différence du Sud, il n'y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ? En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l'Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique ségrégationniste, malgré les directives gouvernementales. Une première marche de protestation fut donc organisée, mais elle fut brutalement arrêtée par la police locale, qui fit soixante blessés parmi les manifestants. Martin Luther King lança alors un appel à tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille "pélerins" rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l'Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait à présent évident que les jeunes Noirs doutaient désormais des possibilités de l'action non-violente, et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers la réaction violente à l'injustice, en se réclamant du "Black Power". Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empiré dans le Nord, où la misère économique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant méconnu la réalité des ghettos du Nord, King se trouva tout à coup en face d'une Amérique Noire qui lui échappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n'apparaissait plus que comme un "bourgeois moraliste", un "oncle Tom" manié et téléguidé par le pouvoir blanc, et les émeutes allaient embraser l'Amérique pendant quelques années... ________________________________________ La radicalisation... et la mort Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s'apercevait qu'on l'écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n'était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il était également dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C'était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien. En 1966, Martin et Coretta King s'installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s'indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées... S'adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'éducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d'échos. Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel. Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu. Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison". C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur". Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.
Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible... King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.
Nous sommes tous des Africains !
Discours prononcé à Yaoundé (Cameroun)
Jean-Michel QUILLARDET
Grand Maître du Grand Orient De France
Nous sommes tous des Africains,
Nous n’oublierons jamais, les souffrances de cette terre et de ce peuple, les horreurs, les atrocités, mais parce que cette vieille terre est incontestablement le berceau premier de la civilisation, nous savons aussi, malgré les obstacles et les difficultés, qu’elle est désormais pour nous tous une terre d’espérance.
Picasso visitant pour la première fois le Musée de l’Homme et en particulier le département des arts africains, voulut, dans ses jeunes années, quitter le Musée, celui-ci, disait-il, ne l’intéressant pas.
Toutefois, son épouse du moment le retient et il se força alors à examiner ces masques, ces objets que des hommes s’étaient efforcés d’exécuter dans un dessein sacré ou magique, pour qu’il serve d’intermédiaire entre eux et les forces inconnues et hostiles qui les entouraient afin de surmonter leur frayeur, leur gêne, leur inquiétude et en leur donnant ainsi formes et couleurs.
Et Picasso alors de dire : "Passant de ces figures nègres du Musée de l’Homme à la peinture universelle, je compris ce qu’était le sens même de l’art. Ce n’est pas un processus esthétique : c’est une forme symbolique et magique qui s’interpose entre l’univers et nous, une façon de le saisir en apposant une forme à nos terreurs, comme à nos désirs …"
C’est bien aussi, aujourd’hui, le sens de l’Afrique qui s’inscrit dans notre démarche maçonnique.
Le continent africain nous paraît être le lieu même de cette réconciliation entre méthode et symbole, entre raison et spiritualité, entre singularité et universel.
La démarche symbolique et rationnelle des francs-maçons est celle d’hommes qui non seulement se parlent, mais encore se parlent pour dire et qui ont ainsi quelque chose à se dire. Dans le travail initiatique, ils cherchent, comme les poètes, à donner un sens plus pur aux mots, aux choses et aux idées.
Sur cette vieille terre de lumière, de magie, de danse, de rituels et de fêtes, le maçon venant du Nord se retrouve chez lui au plus près du coeur de l’homme, au plus près du sens des choses, au plus près de la grandeur de l’humain. Oui, nous sommes tous des Africains.
Et cette lumière, ce soleil qui nous vient du désert et sa pureté, nous donne alors une grande capacité d’espérance.
Nous savons que nous sommes capables du pire, d’ailleurs lors de l’initiation, l’on nous montre un miroir dans lequel se reflète notre visage et l’on nous dit : "Ton pire ennemi, c’est toi-même…".
Le pire ennemi de l’humanité, c’est l’homme, le pire ennemi de l’humanité, c’est l’humanité.
Et lorsque l’on prend connaissance de l’histoire de l’Afrique et des Africains, pour paraphraser la belle phrase d’Alfred de Vigny s’adressant aux femmes, "quand on rencontre un Africain, ce n’est pas bonjour qu’il convient de lui dire, mais c’est pardon".
Comment ne pas oublier ici, ces hommes, ces femmes, ces enfants qui, jusqu’au plus profond du 19ème siècle, n’ont pas été considérés comme des êtres humains, mais comme des animaux, comme des bêtes et traités ainsi, soupesés, palpés, jaugés, achetés, vendus, blessés, martyrisés.
La traite des Noirs restera à tout jamais un crime contre l’humanité qui devra toujours perpétuellement être rappelé, dont le souvenir devra toujours être attaché à nos coeurs parmi tant de souvenirs d’horreurs, mais celle-ci, horreur particulière, crime de génocide, crime de masse, oui, crime contre l’humanité.
Mais aujourd’hui encore, l’esclavage est-il terminé ? Malheureusement non, et dans beaucoup de ces pays d’Afrique on pourrait encore retrouver des esclaves des temps modernes, des enfants, des femmes, dont la liberté et la dignité ne sont pas respectées.
Meurtres, crimes contre l’humanité, toujours perpétués par l’Occident et quelquefois aussi, malheureusement, par quelques Africains, ou états africains qui reconstituent en quelque sorte un néocolonialisme moderne.
Nous devons nous rappeler ici du génocide rwandais, nous devons nous rappeler ici du génocide dans une indifférence internationale et générale, qui se commet à quelques kilomètres d’ici au Darfour.
Des industries occidentales avec la complicité des états de l’Occident et certains états africains, viennent piller, appauvrir, dessécher, le continent et le peuple d’Afrique.
Oui, ce grand lac de Tanzanie exploité de manière éhontée par des conserveries industrielles internationales en enlevant tous poissons dans ce lac, privant ainsi de nourriture toute une population locale et laissant désormais pour seule nourriture des cadavres de poissons et nous pouvons ainsi voir dans cette contrée des enfants obligés de se prostituer pour survivre.
C’est la réalité de notre monde d’aujourd’hui.
J’appelle les Africains, j’appelle les francs-maçons Africains à ne pas se voiler la face, à dénoncer les responsabilités occidentales des industries multinationales, de cette globalisation qui est le contraire même de l’universel. Mais je les appelle aussi à ouvrir les yeux non pas sur leurs propres responsabilités, mais sur les responsabilités de quelques africains et de quelques états africains complices de cette tentative systématique de creuser encore plus de pauvreté et de martyrs, et d’amoindrir ainsi l’homme dans sa liberté, dans ses capacités créatrices et dans sa dignité.
La Franc-maçonnerie ce n’est pas simplement des valeurs énoncées, scandées, des paroles et des discours.
La Franc-maçonnerie, c’est une posture dans l’existence, c’est un projet de société, c’est l’humanisme en marche.
Le G.O.D.F. de retour en Afrique.
C’est donc une action.
Nous sommes dans le monde, dans le forum mais dans celui de l’universel.
Refusons d’abdiquer et d’être des spectateurs résignés d’un temps de l’insignifiance, d’un temps du défaitisme.
La maçonnerie africaine a ce grand défi devant elle : savoir réunir la laïcité universelle, la démocratie et le cosmopolitisme, la société et les cultures, l’identité et le métissage.
J’appelle la maçonnerie africaine à retrouver les voix du combat humaniste.
Qu’est-ce que l’humanisme ?
On pourrait au fond l’entendre selon trois sens.
Le premier serait celui qui consiste à dire que les maçons sont des généralistes de l’humain, c’est-àdire que tout ce qui concerne l’homme ne peut les rendre indifférents, les interroge, les intéresse : ils ont pour vocation de réfléchir à cette éternelle et grave question : qu’est-ce que l’homme ?
Le deuxième sens de ce projet se rattache à une vision de l’homme qui ne serait plus uniquement matérialiste, mais qui donnerait à l’homme toute sa dimension de mystère.
L’homme est un être mystérieux et c’est justement ce mystère de l’homme et le mystère de la vie que les maçons doivent rechercher.
Citons ici alors cette belle phrase de Goethe : "Si grand que ce soit ce mystère éternel remplis en ton âme, si par ce sentiment tu es heureux, nomme le comme tu voudras : bonheur, coeur, amour, Dieu. Moi je n’ai pour cela aucun nom. Le sentiment est tout, le nom n’est que bruit et fumée qui voilent le feu du ciel"
Enfin, le troisième sens c'est de préserver en lui son immense et incomparable dignité.
Le projet de la maçonnerie est de tout faire pour préserver la dignité de l’homme, sa pleine liberté, ses pleines capacités de création et la possibilité pour lui de vivre en accord avec lui-même et avec les autres, dans la sagesse et la sérénité.
La liberté de l’homme dans les institutions, dans la société, mais également sa propre liberté. Pas simplement les grandes libertés individuelles et politiques, mais également les nouvelles libertés qui se font jour compte tenu de l’évolution des sociétés et des nouveaux défis qu’elles posent à l’homme, soit les droits économiques et sociaux.
Oui, le droit au travail, mais dans ce droit au travail, le droit d’être respecté en tant qu’homme dans le travail, le droit au logement, le droit à un revenu d’existence. Le projet humaniste est un projet fondé sur la défense des droits de l’homme, l’exercice de la tolérance, le respect des principes de la démocratie et de la république, le développement des droits sociaux : ce projet humaniste est extrêmement important au moment même où se développe le mouvement des idées, toute une philosophie anti-humaniste qui voudrait réduire l’homme justement à la matière et ce, avec toutes les conséquences politiques et sociales que l’on sait.
Au fond, on pourrait reprendre la définition que Montaigne donnait à l’humaniste : je, tu, ils.
Je : Ma propre réflexion personnelle, l’approfondissement de mes connaissances, mon propre accomplissement, ma présence au monde, ma présence parmi les autres, oui, le « connais-toi toimême ».
Tu : Le projet altruiste, aller vers l’autre, écouter l’autre, tenter de se rapprocher de lui, voir quels sont les points communs, les points de rencontre, les points de divergence et de toujours essayer de tendre la main pour s’engager dans un projet réunificateur : rassembler ce qui est épars.
Ils : C’est l’universalisme du projet humaniste, l’universalisme de l’humanisme des valeurs communes, la conscience claire qu’il y a des valeurs universelles. Français que par hasard, et nécessairement homme.
N’ayons donc pas peur des mots, et ne fuyons pas la réalité de notre devenir, mais au delà la réalité du devenir de l’humanité.
Dans ce monde qui, justement, partout, en France, en Europe et ici, qui se déshumanise de ce que l’on a pu appeler aujourd’hui l’ensauvagement du monde, nous devons appeler les maçons à faire de la politique.
Oui, de la politique.
Les questions sociétales et politiques sont de notre ressort.
Lorsque l’on est un maçon, on doit souhaiter une société plus juste, mais égale, plus libre, plus fraternelle, plus humaine.
Le maçon doit être du côté des plus pauvres d’entre nous, des plus nécessiteux, des plus démunis et il doit travailler à l’amélioration de l’humanité pour la rendre plus solidaire.
Le solidarisme est une grande valeur maçonnique.
Le maçon a des engagements citoyens car il doit faire vaincre son idéal.
La vraie question que nous devons poser, est de savoir si la politique pratiquée par un maçon, notamment à un haut niveau, est-elle différente de la politique pratiquée par celui qui ne l’est pas ? Je n’en suis pas sûr et c’est là une réelle difficulté.
Lorsqu’un élu, lorsqu’un responsable politique, lorsqu’un haut fonctionnaire quitte le temps maçonnique, il reprend, le plus souvent, son systématisme politique.
Alors qu’il conviendrait, au contraire, d’introduire dans la politique les outils maçonniques et ainsi de tenter de résoudre ensemble les interrogations fondamentales de notre société. Faisons alors nous aussi un rêve : que les maçons à l’extérieur du temple, tous ceux qui exercent des responsabilités collectives qu’ils soient de droite ou de gauche, croyants ou incroyants, puissent ne pas oublier leurs références, leurs initiations, et ainsi travailler ensemble pour construire une société plus humaine.
Cela se fait quelquefois sur le plan local. Trop rarement sur le plan national.
Je crois qu’il nous faut aussi combattre ce prêt à penser maçonnique, ce politiquement correct, cette pensée unique qui circule trop sur nos colonnes. C’est-à-dire ce discours classiquement et banalement politique, sans imagination, qui reprend une forme de conformisme sans aller plus loin dans le maniement de la pensée.
Osons penser.
Méfions-nous aussi de l’instrumentalisation des obédiences à fins politiques. Cette instrumentalisation est un risque. Une association maçonnique est porteuse de valeurs humanistes. Elle devrait donc être porteuse d’un projet humaniste.
Le combat directement politique que doit mener l’obédience est un combat contre les extrémismes, et intégrismes de tous autres, pour le respect de la démocratie et des droits fondamentaux de l’homme.
La politique que j’appelle de mes voeux est celle de l’influence intellectuelle et morale. Dans ce rapport très particulier avec la politique, le maçon peut se préserver de toute tentation de récupération politique, en pensant, en puisant en lui-même, si l’on a le courage d’élever le niveau du débat et poser les problèmes politiques de manière philosophique, et de manière maçonnique.
C’est seulement ainsi que le maçon peut faire de la politique au bon sens du terme, sans entrer dans le combat militant ou le conflit politique sectaire. C’est par les outils maçonniques, la symbolique et la méthode maçonnique que le maçon peut s’élever au-dessus de lui-même et par conséquent, au dessus du politique pour s’attacher à l’intérêt permanent de l’humanité, au-delà des contingences politiques quotidiennes.
S’élever au-dessus de soi-même, c’est s’élever au-dessus de ses propres opinions et des contingences pour tenter la recherche de cette vérité qui transcende tous les courants politiques, celle de l’homme dans la plénitude de sa liberté et de sa dignité.
Pierre Hadot dans son livre "La Citadelle Intérieure, introduction aux pensées de Marc-Aurèle" qui dans cette explication de la sagesse stoïcienne interroge très sérieusement le maçon, cite ce beau texte de Vaclav Havel : « La vraie politique, la seule digne de ce nom, et d’ailleurs que je consens à pratiquer est la politique au service du prochain. Au service de la communauté…Son fondement est éthique, en tant qu’elle n’est que la réalisation de la responsabilité de tous et envers tous. Celle-ci se nourrit de la certitude, consciente ou inconsciente, que tout s’inscrit pour toujours, tout s’évalue ailleurs, quelque part au-dessus de nous, dans ce que j’ai appelé la mémoire de l’être, dans cette partie indissociable du cosmos de la nature et de la vie"
Ainsi donc, nous autres maçons soyons pleinement maçons et pleinement politiques.
Cessons de rechercher les tapis rouges et les poignées de main, avec tel ou tel chef d’état corrompu ou peu porté sur la démocratie.
Arrêtons avec la diplomatie mondaine. Assurons notre indépendance politique, notre propre fonctionnement démocratique, notre souveraineté pour ainsi plus et mieux encore, affirmer nos principes et nos valeurs.
Alors oui, faisons de la politique.
On ne peut pas transiger avec les droits de l’homme. Il s’agit des droits naturels et imprescriptibles de l’être humain.
Lorsque l’homme est homme et que sa dignité et sa liberté sont la définition même de sa condition d’homme, que les droits de l’homme sont la nature même de l’homme.
La Colère des Dieux
LA COLERE DES DIEUX : LA RELIGION CONTRE L’ETAT EN AFRIQUE NOIRE Par N’dri Marie Solange KOUAME
Ethiopiques n°72. Littérature, philosophie, art et conflits 1er semestre 2004 Les Etats de l’Afrique noire, malgré leur diversité socio-géographique, ont en commun la situation historique qui les a portés à l’existence, celle de peuples et de nations qui ont subi durant de longues périodes le joug colonial classique et les conséquences psychologiques, sociales et matérielles que celui-ci a engendrées : le sous-développement économique, la destruction des structures de la société, l’étouffement de la culture nationale. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit de faire exister l’Etat comme un Etat moderne, avec en commun cette obligation, d’une part, de lutter contre les séquelles du passé colonial et, d’autre part, de combattre l’actuelle domination économique qui tend de multiples façons à limiter leur souveraineté. Exister comme un Etat moderne revient, pour l’Etat africain, à la possession d’une légitimité démocratique et d’une efficacité technico-économique qu’on appelle couramment le développement économique. Un demi-siècle pratiquement après les indépendances, le résultat est connu : la violence des guerres civiles, des conflits ethniques, des coups d’Etat déchirant toutes les sociétés africaines, le délabrement des infrastructures économiques, l’endettement accru vis-à-vis des institutions financières internationales, source de pauvreté, la disparition de la couverture et de la solidarité sociales montrent que l’Etat africain peine à exister comme un Etat moderne. Il continue d’échouer dans sa recherche forcenée d’une légitimité [2] politique pour être efficace économiquement, et d’une efficacité économique pour être légitime politiquement. Evidemment, la question qui vient spontanément à l’esprit est la suivante : quelles sont les causes d’un tel échec ? Il va sans dire aussi que les raisons pour expliquer les difficultés de l’Etat en Afrique à assumer son identité de moderne sont nombreuses, enchevêtrées très souvent les unes dans les autres et, par conséquent, difficiles à débrouiller. L’une des causes, qu’on oublie souvent parce qu’elle est initiale, fut la nature étrangère, délocalisée de l’Etat pour les communautés ethno-tribales confrontées à l’administration coloniale. En effet, l’Etat est, en Afrique, le produit du fait colonial. Celui-ci désigne la conquête des territoires, la domination politique et l’exploita- tion économique des sociétés d’Asie, d’Amérique et d’Afrique par les sociétés d’Europe occidentale, à partir du XVe siècle. Il participe d’un processus de négation de l’historicité et de l’humanité des sociétés africaines pré-coloniales. Il devient « africain » lorsque, paradoxalement, au lieu de disparaître avec la fin de la colonisation, il se veut le lieu de la reconnaissance des dites sociétés. Ce qui est ainsi éludé, dans ce renversement de la finalité de l’Etat en Afrique, ce sont son origine et sa nature. Par ce saut qui prétend être qualitatif, il rompt avec sa propre histoire pour inaugurer le matin de l’Etat africain. Dorénavant, au lieu d’être un instrument de destruction des communautés ethno-tribales, il prétend se muer en un instrument de fondation d’une communauté nouvelle qui sera la synthèse de la dialectique des contradictions nées de leurs antagonismes et de leurs affrontements avec l’Etat colonial et la société coloniale. Généralement pour expliquer les difficultés de l’Etat africain à actualiser son projet, à le réaliser, on fait l’inventaire de ce qu’il doit gagner pour être semblable à l’Etat de l’Hémisphère Nord qui lui sert de modèle. On évite volontiers de mesurer l’influence du pouvoir politique anté-colonial, ethno- tribal qu’il lui faut remplacer dans la vie et l’esprit des hommes. Il s’agit, ici, de prendre le problème à rebours en montrant la « réalité vivante » de ce qu’il faut perdre pour faire exister l’Etat moderne en Afrique noire. Autrement dit : n’importe-il pas d’exposer la philosophie de l’organisation politique ethno-tribale à laquelle prétend se substituer l’Etat, si on veut évaluer avec justesse l’intensité de la crise politique et économique de l’Etat et de toutes les formes d’autorité de la société africaine actuelle ? LA RATIONALITE TRIBALE : LE FONDEMENT DE L’EXISTENCE HUMAINE. Après avoir analysé dans son ouvrage Anthropologie politique [3] la religion et le pouvoir politique, G. Balandier arrive à la conclusion que ces deux notions entretiennent des relations solidaires dans toutes les sociétés. Seulement, « cette solidarité du sacré et du politique [...] présente des formes différentes selon les régimes politiques ; elle laisse le sacré au premier plan dans le cas des sociétés ‘’sans Etat‘’, elle fait prévaloir la domination exercée sur les hommes et les choses dans le cas des sociétés ‘’ étatiques ‘’ ». [4] G. Balandier constate ensuite une forte analogie entre le religieux et le politique dans ‘’les sociétés sans Etat‘’ : « Dans les sociétés qui sont moins tournées vers la nature pour la dominer que liées à elle, [...] la parenté du sacré et du politique s’impose avec force. Les deux catégories peuvent être définies parallèlement, les principes et les rapports qu’elles impliquent ‘’se répondent‘’de l’une à l’autre. Toutes sont marquées du sceau de l’ambiguïté ». [5] Pour comprendre la place de la religion dans l’organisation politique de la société africaine, il faut en saisir l’essence. Qu’est-ce que la religion ? Cette question est posée dans l’optique de celle de Heidegger au sujet de l’essence de la technique [6]. ‘’Religio‘’, en latin, signifie au sens premier : obligation de conscience, observation exacte du devoir, loyauté ... dette de religion, c’est-à-dire dette envers les dieux [7]. C’est dans cette perspective que J. Lachelier définit la religion d’une manière générale comme « le sentiment avec crainte et scrupule d’une obligation envers les Dieux. Il n’y avait pour les anciens que des ‘’religiones‘’... cette vue est confirmée par le dictionnaire usuel le Robert qui donne comme signification première du terme ‘’religion‘’ : « Reconnaissance par l’homme d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus ». Ce qu’il faut retenir de cette approche sémantique de la religion, c’est l’idée de la soumission de l’homme aux dieux par le biais de la dette. C’est dire donc que depuis des millénaires, par le fait religieux, les hommes ont cru devoir aux dieux. Ce que les hommes doivent aux dieux est précisé dans un mythe dogon [8]. Ogotemmêli - le sage narrateur - affirme qu’ « à l’origine de l’homme se trouve un germe céleste qui gît en instance dans toute matrice de femme féconde. Il est formé par le Nommo » [9]. Comme dans la Bible, ce mythe dogon enseigne que les hommes doivent aux dieux leur nature divine. Mais selon ce même mythe, si l’homme est débiteur à l’égard du Nommo, il l’est aussi à l’égard de la déesse-terre ; car la nature humaine est, « par sa qualité terrestre, le rappel de la dette que chacun doit à la terre, car c’est de glèbe que fut formé le premier couple. Et cette dette doit se payer par versement de sang, lors de la circoncision, de l’excision, lors des périodes menstruelles » [10]. ________________________________________ A l’instar de la Bible et même du Timée de Platon, ce mythe dogon de la genèse de l’être humain présente de l’homme une image divisée. Il est fait à l’image de Dieu mais il est ‘’autre‘’, en ce sens qu’il est ontologiquement une nature divine dérivée, c’est-à-dire découlant, par le détour de la création divine, de l’imitation de soi voulue par le Créateur. L’homme dans la pensée de l’homme est un paradoxe de la nature. Aussi l’image de l’homme est-elle une image vacillant perpétuellement entre les pôles d’une ambiguïté qui hante ses commencements. Etre homme signifie être un animal malade, dans la mesure où son immersion totale dans le monde des sensations est incongrue ; d’autre part, vouloir être Dieu est un désir impossible et une passion vaine C’est dire que la nature humaine est placée sous le signe de l’ambiguïté et de la dépendance puisque le sens de l’homme, c’est à autre chose que lui-même que l’homme le doit. Telle est la signification ultime du fait religieux et de la dette envers les dieux que M. Gauchet appelle fort à propos la ‘’dette du sens‘’ [11]. Nous lui emprunterons l’expression pour parler de l’essence du phénomène religieux dans la suite de ces recherches. L’ambiguïté de la nature humaine traduit la dette du sens qui s’inscrit, du point de vue de la relation de pouvoir, dans la division entre le pouvoir et ce qu’il domine, c’est-à-dire entre l’invisible et le visible, entre l’essentiel, l’intelligible et l’apparence ou l’inessentiel. Avant d’être rapports de production, les relations à l’intérieur desquels le sujet se saisit sont ‘’re-ligio‘’, c’est-à-dire reconnaissance du fait que le sujet doit son sens et sa raison d’être à autre chose que lui-même. Dès lors, l’homme et son espace social sont pensés entièrement dans la dépendance à l’égard des forces invisibles qu’il sacralise. Lorsque l’on constate l’interpénétration de la religion et du pouvoir politique ou, comme G. Balandier, la primauté de la religion dans l’organisation de la ‘’société sans Etat‘’, on constate seulement les conséquences d’un choix sociopolitique qui consiste à faire de la religion le moyen par lequel la société tribale produit l’extériorité symbolique du foyer et du fondement du pouvoir social pour se prémunir contre la séparation interne et effective de l’autorité politique. C’est ainsi qu’elle convoque le pouvoir dans le dehors de la société en en faisant l’apanage des législateurs, invisible de l’invisible. « En son essence, écrit E-P. Elungu, le pouvoir dans la société clanique est un pouvoir diffus, inidentifiable, se confondant en fin de compte avec l’autorité de l’aîné, du père, du grand-père, des ancêtres et de l’ancêtre fondateur » [12]. Si le pouvoir, dans la société classique, est ‘’diffus et inidentifiable, ‘’c’est parce que la scission constitutive de la relation de pouvoir et de la société, et qui a pour nom ‘’ Etat de nature‘’ dans les philosophies politiques de Hobbes et de Rousseau, est reconnue et éludée par la soumission totale de la société et de l’individu, non pas à elle-même et à l’Etat, mais aux dieux et aux ancêtres. Le foyer du pouvoir social est placé hors de la société, c’est-à-dire du côté de la religion comme sphère invisible extra-sociale. Par la dette du sens, la société classique maintient la transcendance du fondement du pouvoir qui permet ainsi d’exprimer et de neutraliser tout à la fois le détachement effectif de l’instance du pouvoir social réel. La religion joue dans la philosophie politique, notamment tribale, le rôle stratégique que les théoriciens de l’Etat, en l’occurrence Hobbes et surtout Rousseau, ont conféré au ‘’contrat‘’ ; la religion est ce lieu de pouvoir d’où tire son sens, son origine, sa raison d’être, l’ensemble des activités socio-humaines car elle est le siège des puissances invisibles qui régissent le visible. Le siège ne saurait être celui du pouvoir réel car il est placé en un lieu inaccessible aux hommes vivants, le monde des dieux et des morts du clan. Ce qui est une autre façon de dire que si le pouvoir existe, il n’est pas pour les hommes. Aussi faut-il cesser d’être homme pour passer du côté du pouvoir. N‘est pas ancêtre tout homme mort comme l’explique P. F. Titinga en ce qui concerne, les Mossé par exemple. Pour eux, ne devient ‘’ancêtre‘’ que l’individu qui de son vivant n’a pas constitué sa subjectivité en mesure d’évaluation et en finalité de son action, et qui n’a pas revendiqué d’innovation par rapport aux structures et aux valeurs consacrées par la tradition [13] : L’ « au-delà impose aux hommes, aussi bien dans sa ‘’passivité‘’ que dans sa fonction active, de vivre la vie, selon les lois de ses ‘’ancêtres‘’ ; et comme ce sont ces ancêtres qui se retrouvent en avant d’eux, cela veut dire que le Mogho vit un cercle vicieux à l’intérieur duquel le passé, le présent, l’avenir sont confondus en une même entité ; c’est-à-dire que les Mossé vivent un présent éternel » [14]. Extériorisation du foyer du pouvoir et principe de dépossession de l’homme du pouvoir de domination des hommes et des choses. Elle permet de voir que l’extériorité de principe du pouvoir est l’expression et la dénégation de la séparation réelle de la société afin que tout homme soit dans l’impossibilité de se faire l’autre du reste des hommes en s’arrogeant le titre de commandeur. Ce qui signifie la scission instaurée entre le monde des hommes et celui des invisibles. L’aliénation à laquelle Rousseau fait allusion dans Le Contrat social pour fonder l’Etat trouve tout son sens dans la soumission totale au sacré : elle signifie, en réalité, l’unité et l’égalité dans la commune dépossession du pouvoir sous toutes ses formes. Elle signifie encore l’inexistence, dans la sphère sociale, d’un homme de pouvoir puisque l’homme ne saurait être un foyer de pouvoir. D’où l’idée fort répandue dans les sociétés dites traditionnelles que « ce sont les ancêtres qui nous ont appris ce que nous savons et faisons ». Cette idée n’est pas l’indice de l’allergie des sociétés tribales au progrès. Elle relève simplement une dénégation et un alibi de responsabilité à l’égard du progrès et de la praxis dont leurs forces et pouvoirs placés sous le signe de la dépossession ne peuvent s’approprier la gloire et la paternité. Car s’approprier la responsabilité du progrès de la société ou traduire celui-ci en acte par la transformation et l’appropriation de la nature, c’est s’affirmer responsable du sens et de l’action, et partant, s’affirmer comme homme de pouvoir, maître du destin et du monde. La religion comme dispositif stratégique de dépossession des hommes engendre ainsi, par l’utilisation de la dimension d’extériorité du fondement social et du foyer du pouvoir social, une relation de pouvoir horizontale se manifestant matériellement dans une dissémination des centres de pouvoir et des structures de hiérarchies qui s’équilibrent. L’Etat apparaît ainsi comme la conséquence d’un renversement de la dette du sens qui libère l’homme des dieux pour le soumettre aux hommes. Ensuite, il devient clair que le développement des techniques auquel est liée l’émergence de l’Etat n’a été possible que par ce retournement qui engendre l’homme de pouvoir et la référence à l’homme pour maîtriser et construire son destin dans le cadre du temps : l’Etat contre la Religion. L’ethnologie, en négligeant la cohérence de l’organisation sociopolitique tribale par rapport à son fondement religieux, a été pour beaucoup dans l’incompréhension des sociétés africaines et de la pensée du monde, et des choses qui les soutient. Prenant la société européenne comme modèle théorique de la société et source d’évaluation des sociétés tribales, et s’inscrivant en outre dans une perspective évolutionniste et matérialiste, elle a cru réduire leur difficulté et leur complexité, en les considérant comme ‘’le‘’ moment et l’état primitifs de l’histoire de la formation de la société européenne ; et donc de les caractériser négativement par rapport à celle-ci. C’est ainsi que les sociétés africaines furent considérées, pendant longtemps, politiquement, comme des ‘’sociétés sans Etat‘’et, économiquement, comme des ‘’sociétés à économie de subsistance‘’. Leur conception religieuse et animiste du monde fut réduite à une pensée sauvage, et leur univers, à un univers magique. 2. LA SACRALISATION DE L’ECONOMIE. Or, ce qui vient d’être dit de la soumission de la société et de l’homme au sacré par la dette du sens, témoigne de l’existence et de la cohérence d’une pensée ethno-tribale. La rationalité ethno-tribale est la soustraction de l’ordre général des choses à la prise des hommes. Elle est fondamentalement une pensée du refus de l’Etat et de la technco-économie par l’insertion de l’homme dans un univers d’êtres et de choses animés, fait d’harmonie et d’équilibre, et qui requiert de lui plutôt une participation qu’un affrontement. Si la société tribale est demeurée une ‘’société sans Etat‘’, c’est principalement parce que, par l’inextricabilité de la religion et de l’organisation de l’existence des hommes, elle empêche la mise en place d’une techno-économie, condition génétique de l’apparition de l’Etat. L’assujettissement total de la société tribale au sacré lui impose de contenir son activité techno-économique dans les strictes limites de l’utile afin qu’elle soit en équilibre avec les autres activités sociales. En effet, la prépondérance de l’activité techno-économique - cause et effet de la détermination de l’homme par les besoins - revient à la soumission de l’homme à ce qui est terrestre, c’est-à-dire aux choses qu’il lui faut transformer et s’approprier pour satisfaire ses besoins. La référence de la société tribale à la techno-économie signifierait sa destruction, car elle se concrétiserait socialement par l’apparition d’hommes de pouvoir et le déséquilibre des activités sociales au profit de la techno-économie ; libérant l’homme des dieux, elle entraînerait le rejet de la transcendance comme fondement du pouvoir et de la société ; et donc, l’embarquement de ceux-ci dans la conquête et la domination infinies de ce qui est naturellement donné, consécutivement au caractère illimité des besoins et à la nature ambiguë de l’homme. C’est l’être même de la tribu qui fait barrage à la techno-économie en consacrant la dimension religieuse de la société comme son fondement au détriment de la dimension économique. Ce que la société tribale manifeste ainsi, c’est sa soustraction à l’immédiat et à l’envoûtement des choses, à la domination reconnue de l’homme et à l’aliénation des besoins et des passions humaines. Il faut avouer qu’il est difficile de pénétrer la logique du processus de sacralisation des choses. Difficulté compréhensible dans la mesure où l’option religieuse a pour but, dans les sociétés tribales africaines, de dénier aux hommes la maîtrise et la domination des choses. Elle est, probablement, le fait d’un effort permanent des sociétés tribales pour soustraire ce qui est naturellement donné à la compréhension de l’homme selon les principes, les modalités et les moyens de la rationalité technicienne. Le processus de sacralisation des êtres et des choses pour les soustraire à l’emprise de l’homme, et soustraire celui-ci à la leur, ne s’appréhende que dans l’ensemble d’une cosmogonie très complexe enchevêtrant le monde des Dieux et des Ancêtres, le monde des hommes et le monde animal et végétal dans un réseau inextricable de correspondances et de relations. Son symbole est l’harmonie de l’étoffe faite de plusieurs couleurs et le tissage mélangeant plusieurs fils pour l’obtenir [15]. Sa finalité est la dépossession de l’homme du pouvoir de domination des êtres et des choses en lui octroyant une place et une existence définitive et en accord avec la création et la disposition du monde animal et végétal. Dans le cas des rapports de l’homme aux choses et aux bêtes, le sacré est vécu plus souvent dans une pratique humaine qui va de l’individualisation des choses et des bêtes en leur attribuant des noms propres à leur divinisation, comme en témoignent les assertions d’ethno- logues. L’attribution de noms propres aux arbres en pays dogon est indiquée dans ce passage de Dieu d’eau de M. Griaule : « L’Européen marchait sur les pistes en remblai des tristes champs d’après récolte où se dressaient, dans leur vert-rosissant au soleil levant, les arbres. Il connaissait par leur nom propre tous ceux des Ogol et l’ordre chronologique de plantation pour les vingt plus vieux.... » [16]. La divinisation des éléments naturels est rapportée par P. F. Titinga, auteur de Ainsi on a assassiné tous les Mossé : ’« ...il est souvent fait état de ‘’ dieu d’eau ‘’, ‘’dieu-sentier ‘’, etc.. ici, il faudra entendre, ‘’esprit-eau ‘’, ‘’esprit-sentier ‘’, etc. ...c’est-à-dire schématiquement ce qu’on pourrait désigner par ‘’commission Suprême de l’eau ‘’ ». [17] ________________________________________ Le témoignage de P.F. Titinga est d’autant important qu’il confirme - bien que ce soit entre les lignes - en quoi la rationalité de la société tribale vise à la dépossession de l’homme du savoir technique. En effet, on constate dans ce passage que chaque élément est le siège d’une divinité intervenant, directement et positivement, dans l’existence des hommes. Ce qui signifie que les éléments naturels sont produits et disposés dans un ordre spontanément bénéfique et utile à l’homme. Dès lors, leur redisposition et leur transformation, qui définissent le sens même de la Technique moderne, sont inutiles. Il suffit donc à l’homme de vivre dans cet ordre sans le modifier, et de veiller à la préservation de son équilibre par le respect quasi religieux des éléments qui le composent. Si l’homme entretient avec les choses, les phénomènes et les bêtes des rapports d’équilibre et si, en outre, ce qui est naturellement donné est signifié en lui-même, c’est le développement d’une économie technique qui devient impossible. La rationalité tribale, par le biais de la dette du sens, empêche d’ajuster le processus de production de biens et services ainsi que les instruments nécessaires à sa réalisation à la puissance technique de l’homme, c’est-à-dire à son pouvoir de re-présenter et de modifier à son profit l’ordre naturel des êtres et des choses, comme c’est le cas dans la société étatique. Le respect et l’équilibre de l’ordre naturel impliquent que l’exploitation de la nature soit intégrée à cet ordre et qu’elle l’ait pour finalité. En d’autres termes, la rationalité tribale impose au processus de production d’être immanent à la nature elle-même. Le fait exige un équilibre strict et parfait entre l’exploitation humaine de ce qui est naturellement donné et de ce qui, en l’homme, correspond au ‘’naturellement donné‘’. C’est dans cette perspective que l’exploitation humaine de la nature extérieure se trouve spontanément limitée à la satisfaction des besoins naturels de l’homme afin que l’ensemble du processus de production s’intègre à l’équilibre naturel et n’outrepasse pas ce qui est naturellement permis. L’exploitation de la nature ne peut donc pas être technique et accumulative, ajustée qu’elle est à une existence humaine qui se vit sous le mode naturel. L’exploitation ‘’naturelle ‘’de la nature aux fins naturelles de l’homme est, paradoxalement, la stratégie qui permet à la société tribale de faire obstacle au pouvoir d’aliénation et de domination de la nature. Elle s’inscrit dans la stratégie globale de dépossession du pouvoir de domination et de sa dénégation à tout être. Les rapports que la société tribale noue avec la nature sont des rapports basés sur l’équilibre des deux. Ces rapports d’équilibre entre l’homme et la nature - l’un étant disposé en fonction de la préservation de l’autre et vice versa - se vivent, dans l’exploitation de la nature phénoménale, sous forme d’une absence d’un excès de travail et d’une accumulation de biens. C’est cette absence qui a suggéré à l’ethnologie l’idée que les sociétés tribales vivaient dans une économie de subsistance. Car, ce que masque l’économie de subsistance, c’est bien l’idée d’absence d’un surtravail et d’une accumulation de biens qui sont les conditions essentielles et les fins ultimes de la techno-économie. Pour corriger le ‘’tir ‘’ de P. Clastre, disons que les sociétés tribales sont non pas des « sociétés de refus du travail » [18], mais des sociétés de refus du surtravail. Car, lorsque disparaît le refus du surtravail, la division du travail s’autonomise en puissance de contrainte et de coercition : c’est la figure du pouvoir d’Etat où l’économie devient politique. Comme dans le cas de l’Etat, c’est en soumettant l’économie au sacré que la société tribale parvient à s’opposer à l’émergence d’une économie technique et politique. La sacralisation de l’économie consiste à conférer un caractère sacré à tous les éléments et à toutes les actions qui font l’ensemble du processus de production. Comme la forge, rapporte M.Griaule, le tissage est labeur de jour, car la chaîne et la trame symbolisant un être de lumière et de paroles, car le fuseau de la fileuse tourne sur un soleil de peau et sa calebasse de cendres blanches est un soleil fécondé. Il convient donc que l’astre luise sur le métier. Tisser la nuit serait composer une bande de silence et d’ombre. Qui tisserait après le coucher du soleil, après que Dieu a fermé la porte du monde, deviendrait aveugle [19]. L’on a sans doute remarqué que la technique du tissage exprime, dans chacun des éléments qui la composent et dans son ensemble, l’unité et la diversité de la réalité divine et humaine. En outre, elle n’est pas une œuvre produite par les hommes, mais révélée par les Dieux ; c’est dire qu’elle est une technique sacrée. Il en est de même de la technique de l’agriculture assujettie à l’expression du sacré et au respect de l’équilibre des êtres et des choses : « Si cultiver est tisser, il convient de dire que tisser est cultiver. La partie sans trame de la chaîne est la brousse. La bande terminée est le symbole du champ cultivé. Les quatre poteaux du métier sont les arbres et les broussailles qui sont abattus avec la navette, symbole de la hache. Tirer à soi le peigne, c’est tirer le bois pour en faire des fagots ... ». [20] Ce qu’il faut retenir de ces exemples, c’est l’idée que dans la société tribale, la technique est sacrée et soumisse à la manifestation de ce sacré. Or, c’est ce sacré qu’énoncent l’équilibre et la disposition naturels du monde auxquels la Technique est spontanément accordée. Conséquemment, on ne peut la modifier dans un seul de ses éléments sans la désacraliser, sans briser le réseau de correspondance des êtres et des choses et partant, sans porter atteinte à la disposition naturelle du monde. Toute technique est ce qu’elle est de toute nécessité car agencée selon la disposition spontanée des choses et ajustée à elles par la grâce des dieux. Ceux-ci l’ont donnée ainsi parce que c’est ainsi qu’elle fait partie de la disposition sacrée et spontanée du monde, et qu’elle en exprime l’utilité, la diversité et la cohérence dans sa particularité. Dans cette perspective, la puissance technique ne vise pas à la domination de ce qui est naturellement donné car elle se trouve circonscrite dans les limites des besoins naturels de l’homme et référée non pas à lui, mais à la transcendance afin de déposséder l’homme de son pouvoir de domination. Car si l’homme peut techniquement dominer la nature, il n’y a pas de raison qu’il n’étende son pouvoir à l’homme, son prochain. Le caractère non évolutif des techniques de la société tribale n’est donc pas le signe d’une misère technique, mais la conséquence de la primauté que celle-ci accorde au sacré. Celui-ci est le principe sur lequel se fonde l’organisation des rapports de l’homme à la nature à une fin d’équilibre entre ces deux termes. C’est probablement par rapport à la recherche et au maintien de cet équilibre, et conformément à son fondement religieux, que la société tribale privilégie l’économie ‘’naturelle‘’ au détriment de celle fondée sur la transformation de la nature par la puissance technique. En vérité, l’économie des sociétés tribales, du fait de son fondement dans le sacré, devrait être qualifiée d’économie ‘’sacrée‘’. Et parce qu’elle est sacrée, une telle économie ne peut devenir technique et politique, c’est-à-dire servir de fondement et de finalité aux relations interindividuelles. Car elle est une sphère secondaire par rapport au sacré, et en équilibre, par ailleurs, avec les autres structures sociales. La correspondance stricte entre l’économie et les autres secteurs de l’existence, la nature achevée des outils sont, toutes, les effets d’une rationalité tribale qui vise à déposséder les êtres de leur puissance de domination. C’est dans cette optique, par le biais d’une soumission de la société au religieux, qu’elle fait obstacle à la mise en place d’une économie politique caractérisée par l’idée d’un affrontement avec la nature, et matérialisée dans le développement prodigieux des techniques. CONCLUSION La libération de l’homme du pouvoir de domination de l’homme s’effectue par le biais de l’assujettissement total de la société tribale au sacré, à la transcendance qui devient le principe organisateur de l’ordre social. C’est ainsi qu’à l’image de la structure du champ religieux, la structure sociale tribale se veut fragmentaire et parcellisée, de sorte qu’on peut dire que son micrologisme est à la mesure de son polythéisme. La rationalité tribale, par la primauté accordée au sacré et dans la visée d’une dépossession radicale de l’homme de son pouvoir de domination, fait alors obstacle à la mise en place d’une techno-économie. Car, pour maintenir ses buts, elle conduit à une conception des rapports de l’homme à la nature fondée sur l’équilibre et leur dépendance mutuelle : l’exploitation matérielle de la nature se trouve circonscrite dans les limites de la disposition et de la manifestation spontanées des êtres et des choses. La rationalité tribale est, en guise de conclusion, radicalement opposée à la rationalité technicienne, fondée sur le pouvoir de domination de l’homme et dont l’une des conséquences est la production de l’Etat comme forme d’organisation du pouvoir politique. L’exportation de l’Etat européen - qui deviendra alors Etat colonial - est concrètement porteuse d’un antagonisme des systèmes politiques. La conséquence ultime d’un tel fait sera, sur le plan politique, la crise de légitimité dont souffriront et l’Etat lui-même refusé dans son principe, et le pouvoir politique africain affaibli dans ses mécanismes structurels. ________________________________________ BIBLIOGAPHIE Cette bibliographie représente les ouvrages qui ont été utiles pour constituer la réflexion menée ici, même s’ils ne sont pas tous cités dans le texte. AMIN, Samir, « L’expérience ouest africaine 1860-1970 : bilan de synthèse », in Présence Africaine, 1971, numéro spécial. 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